Le don du vent,
un souffle continu dans la grand-voile
quand le marin avisé suit sa bonne étoile,
un soupir qui efface les larmes de l'épouse angoissée,
à son retour, dans les brumes éthérées.
Un chant lancinant dans les gréements,
à la tombée du jour, sur le port indolent.
Et quand soudain il se tait un moment,
il inspire aux âmes paix et recueillement.
Le don du vent,
un courant d'air venu sécher
et parfumer les draps étendus dans les prés fauchés.
Dans le ciel, il emporte les cerfs-volants,
et fait bondir de joie les enfants.
Il passe comme une houle sur un champ de blé
avant qu'il ne soit moissonné.
Il ébouriffe les cheveux d'une fiancée,
ou soulève avec grâce le voile d'une mariée.
Le don du vent,
au printemps, il est une vague d'embellie
parfumée des premières fleurs épanouies.
Il est une caresse tiédie par le soleil un soir d'été,
venue cueillir à nos fronts fiévreux, la rosée,
ou un tourbillon de feuilles mortes qu'il emporte
dans le ciel d'automne, sous bonne escorte.
En hiver, en bourrasques, sans désarmer,
il nous fait savourer le feu de la cheminée
Le don du vent,
c'est une risée sur un étang, à la tombée de la nuit,
un frisson qui passe et nous laisse étourdis,
chavirés par l'errance de son souffle.
Texte et photos Christian Bailly
Tous droits réservés
01/04/2026

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