dimanche 17 mai 2026

Le chêne et la pierre

 



Assis au pied du chêne ancestral,

j'attendrai patiemment,

que passent mes vieux jours,

à l'ombre des années échues,

sur la pierre sourde et muette.

 

Sous le printemps de son feuillage,

imprégné d'effluves boisées,

je confierai l'automne de ma vie,

à la brise qui emporte les secrets,

dans la nuit opaque du temps,

où s'enlisent les rêves des hommes.

 


À mes pieds, mes illusions perdues,

attendront le passage d'une âme

errante en quête d'un destin.

Je lui raconterai les débris de ma vie,

mes espoirs posés sur le fil d'un rasoir,

Pour qu'il les sème au vent mauvais.

 

Puis, seul sur la pierre qui défie les ans,

j'attendrai l'hiver, le temps des labours.

Sans pitié, il déposera sur mon front

ses derniers sillons, plus profonds encore,

et sa pelisse blanche sur mes tempes.


 

Sa rigueur éteindra, de mes ardeurs,

les tous derniers soubresauts.

Ses froidures sur mes os fragilisés

viendront à bout de ma fierté

et je courberai l'échine malgré moi.

 

Alors, mes derniers pas m'emporteront,

loin, très loin de mon chêne ancestral,

loin du printemps de son feuillage,

sous la pierre sourde et muette

devenue le tombeau de mon âme…

 

                          …De poète.







Texte et Photos Christian BAILLY

Tous droits réservés

17/05/2026

samedi 16 mai 2026

Journée mondiale contre l'homophobie, la transphobie et la biphobie

 


Tous ensemble contre l'homophobie... 

Une journée qui ne devrait pas avoir raison d'être si la tolérance et l'amour étaient une ambition commune pour le bien vivre ensemble. 

Il est temps que les hommes comprennent : 

les différences de chacun d'entre nous font la richesse de nous tous.




Trop de jeunes sont encore victimes de leur peur et du rejet et se suicident.

Est-il juste qu'un enfant ou un adolescent doive justifier ce qu'il est à sa mère, à son père et leur amour être conditionné par leur arbitrage ?

Un enfant ne devrait-il pas avoir  confiance en ses parents et se sentir aimé et protégé par eux ?

Trop de personnes vivent encore dans le secret, confinées par la crainte d'être ostracisées.




Personne ne devrait se condamner au silence de peur d'être jugé, rejeté voire condamné à mort comme cela existe dans certains pays.

Personne ne devrait mettre sa vie entre parenthèses de peur d'assumer sa réalité.

La réalité de chacun, c'est ce que nous sommes dès notre naissance, avant même les influences de nos familles, de la société et des religions.

Personne ne devrait souffrir pour ce qu'il est, mais tous, nous devrions être fiers de ce que nous sommes en tant qu'être humain. 

Les seuls individus qui méritent d'être au banc de ce monde sont ceux qui propagent haine, intolérance et obscurantisme.

Je rêve d'un jour où personne n'aura à se justifier d'être lui-même.

Je rêve de voir la journée contre l'homophobie remplacée par la journée de "l'amour Universel".

Le monde entier à besoin d'amour, surtout en ce moment .




Christian Bailly 

16/05/2026

Illustrations : Affiches du Festival des Fiertés de Sète 2026 par les Élèves de l'école des Beaux-Arts de Sète.

mercredi 13 mai 2026

L'éternité de l'instant

 


Sur un muret sans âge, je me suis posé sans bruit,

Pour ne pas réveiller les âmes endormies,

Au beau milieu de ce champ de croix,

Toutes élevées vers les cieux, pour dire leur foi.

 



Crucifix en délicates ferronneries ouvragées,

Où privé de tous embellissements insensés,

En marbre ou en granite pour braver le temps.

Tous semblent défier fièrement les éléments.

 


J'étais là, au milieu des allongés pour l'éternité,

À penser qu'un jour, je serai à leurs côtés.

À dire vrai, je ne suis pas pressé de  les suivre,

Sage, je m'efforce, avec l'âge, de bien vivre.



 À ces tombeaux froids,  qu'adoucit le soleil,

Je préfère encore mon lit tiède où je sommeille.

Parfois la compagnie des hommes me déçoit,

Mais de les supporter encore, je fais le choix.

 



Cependant, c'est bien là, en ce lieu paisible,

Que je  trouve ma contemplation  possible.

Ici, personne pour perturber ma méditation.

Les morts ont le sens inné de la compassion.



 

Ici, je sais que la nuit des temps m'attend,

Près de l'agitation d'un monde impatient.

J'aurai l'éternité devant moi pour explorer

Mon existence, elle aura été ce qu'elle a été.



 

Celle d'un homme qui a fait ce qu'il a pu,

Assumant ce qu'il n'a pas fait et ce qu'il aurait dû.

Je fais mon mea-culpa à l'ombre du cyprès,

Conscient de mes faiblesses, mais sans regrets.



 

Avec toutes ces âmes silencieuses, je bavarde.

Tandis qu'un gabian, sur un mausolée, lézarde

Et raille haut et fort comme un marin ivre,

Ce monde éphémère où nous devons survivre.

 


À l'horizon qui s'enflamme, Apollon s'incline,

Donne à cet instant une atmosphère divine.

Devant cette splendeur sans cesse renouvelée,

Je me dis ma chance de pouvoir la contempler.

 


Revigoré, je reprends ma flânerie,

Le cœur plus léger de me sentir en vie.

Tous ces morts silencieux me font apprécier,

La réalité et les tumultes de ma destinée.



 

Chaque instant de notre vie…

                        … est un pas vers l'éternité.




































Photos et texte : Christian Bailly

Tous droits réservés

13/05/2026