vendredi 7 mai 2021

Aube hivernale





Dans la pâleur de l'aube maladive,
L'hiver à déposé son manteau de givre,
Il ankylose la nature encore endormie.
C’est au levant, qu’elle devra enfin sa délivrance.


Bientôt, le contre-jour cédera sa place.

Le grand jour lumineux et bienfaiteur,
S'échappera des brumes envahissantes,
Pour semer, tous azimuts, ses étincelles de vie.


Alors, adviendra dans le silence brisé,

Sur la campagne décharnée par la bise,
Momifiée dans son linceul hivernal,
L'avènement d'un nouveau destin pour tous.


Ainsi, jour après jour recommencé,
L'histoire, depuis la nuit des temps,
Chemine entre l'ombre et la lumière,
Naissance, vie, douleur, trépas et renouveau.


Plus haut dans les nues blêmes,
L'astre, pâle, dispense sa tiédeur,
Fait fondre lentement le carcan de givre
Qui se volatilise dans le petit matin frileux.


Les premières tiédeurs raniment ce monde,

Encore groggy par la nuit glacée,
Du sol raidi, s’échappe l'âme de la terre,
Vers les nues où déjà trône l'astre divin.


De sa grandeur, il baigne la campagne.

Sous les feuilles mortes, un univers en veille,
Silencieux, se prépare déjà à sa résurrection,
Attend, patiemment, les jours plus propices à la vie.











Texte et photos Christian Bailly 
Tous droits réservés
07/05/2021

vendredi 30 avril 2021

Dis !





La légèreté transparait à travers les mouvements des deux femmes représentées ici. Picasso répond à un traumatisme général dû à la Grande Guerre en représentant des femmes aux corps monumentaux, féconds, libres et dansants. En outre, sur le plan plus personnel, l'artiste se réjouit de sa nouvelle vie de père.


Même sous grand soleil, les jours sont gris,
Sans relief, monochromes, monotones...
Jour après jour, blême, est notre vie.
Depuis un an, plus rien ne nous étonne.

Pas de restaurants ouverts, avec du bon vin,
Celui qui donne de belles couleurs aux joues,
Pour partager délicieux petits plats et bon pain.
Bouclés, ces lieux où de belles amitiés se nouent.


Le Peintre du Bonheur - Yoël Benharrouche.


Pas de froufrous, dans les rues désertées,
Qui chatoient sous les pas des jeunes filles,
Quand elles appellent le printemps, en beauté,
Alors, dans leurs boucles rebelles, le soleil brille.

Pas de musique, pour faire danser la jeunesse.
Ces tubes vibrants qui bercent leurs vingt ans,
Et nous font pressentir nos jours de vieillesse.
Non, depuis un an, nous vivons hors du temps.


Le déjeuner des Canotiers Renoir Pierre-Auguste


Dis, quand reviendront-ils nos jours de liberté,
Sans contrainte, ni dérobés par tous ces décrets,
Nos jours d'amitiés non feintes, de convivialité,
Qui nous font voir la vie sous de bons côtés ?

Dis, quand couperont-ils enfin notre fil à la patte ?
Quand serons-nous plus tels des chiens en laisse ?
Quand cesserons-nous de rentrer à la hâte ?
Chaque jour passé, le moral des troupes baisse !


Le bonheur de vivre (revisité) par Véronique Rose Claire Morin


Dis, quand reviendront-ils ces jours heureux,
Sans masques qui aseptisent ce monde contaminé ?
Dis quand reviendra-t-il ce bonheur doucereux,
Dont nous étions si peu conscients, si détachés ?

Quand les sourires illumineront-ils nos visages ?
Quand verrons-nous des baisers se faire voler
Sur les bancs publics, sous les porches, sur la plage ?
Quand nous rendront-ils notre liberté confisquée ?


Tout le bonheur du monde est dans l'inattendu - Chantal Gm


Dis ! Dis-moi nos jours heureux…
Ceux de nos vertes années
Au goût du miel de nos aveux
Conjugués avec le verbe aimer…


Christian Bailly 
Tous droits réservés 
27/04/2021

Etang du Galabert - Camargue - France

 





















Photos : Christian Bailly

Tous droits réservés

dimanche 25 avril 2021

La plume trempée dans le sable


Sète…
Je suis venu,
Je t’ai vue,
J’ai trempé ma plume,
Dans ton sable mouillé,
Pour écrire mes "Je t’aime",
Pour écrire mes poèmes,
Effacés par la houle,
Ignorés de la foule…


Au vent,
J’ai semé mes maux,
Les mots se sont envolés,
Pour s’éparpiller,
Dans tes vieux quartiers,
Où j’aime flâner,
Pour se déposer,
Sur tes canaux,
Où se reflètent mes pensées
Pour folâtrer du Môle
Au Mont Saint-Clair.


Sur tes rivages
J’ai guidé ma plume,
Sur le parchemin de sable fin,
Où j’ai laissé l’empreinte,
De mes pas hésitants,
De poète anonyme.
Le temps les effacera,
Le moment venu,
Quand, de la vie,
Je serai déchu.


Sète…
Je suis venu,
Je t’ai vue,
J’ai trempé ma plume,
se
Dans ton sable mouillé,
Pour ne pas t’oublier,
Là où je serai…
Dans la brise marine,
Qui caresse tes flans,
Dans les flots,
Qui baint mes pieds,
Tantôt apaisés,
Tantôt furieux,
Je serais toujours là,
Comme ces passions,
Qui m’auront animé,
Tout au long de ma vie.


Sète…
Je suis venu,
Je t’ai vue,
J’ai trempé ma plume,
Dans ton sable mouillé…



Christian Bailly

Tous droits réservés

25/04/2021

mercredi 21 avril 2021

Les Arlésiennes



Elles sont belles nos Arlésiennes,

Dans leurs beaux atours de fête.

Elles ne font pas les Parisiennes,

Non, mais elles nous tournent la tête.


 


Il y a la rêveuse, assise sur le sable,

Attend-elle le retour de son marin ?

À moins que ce ne soit ce gardian affable,

Qui lui faisait la cour de bon matin…


 


Avec grâce, elles relèvent leurs jupons,

S’aventurent dans l’eau encore glacée.

Elles font les friponnes, c’est bon !

Elles jouent un instant avec le passé.


 


L’air vif et frais rosit leurs frimousses,

La mer, encore froide, fouette leur sang.

Elles rient, ont la joie aux trousses,

Elles s’amusent, prennent du bon temps.


 


Une autre fait la belle, avec son ombrelle,

Et cette autre encore, elle joue la coquette,

Du bout de son pied, elle fait la pucelle.

Qui viendra donc lui raconter fleurette ?


  


Il y a tant de fraîcheur et de candeur

Dans le ballet de leurs robes satinées.

Le soleil se pose sur leurs cache-cœur.

Immaculée, une chapelle sur leur féminité.



Elles sont belles nos Arlésiennes,

Dans leurs beaux atours de fête.

Elles ne font pas les Parisiennes,

Non, mais elles nous tournent la tête.














Photos et texte de Christian Bailly

Tous droits réservés

21/04/2021