Parfois, je surprends ce petit enfant revenir
De ces années très lointaines du passé,
Calme et sans histoire, que l'on disait bien élevé,
Cependant, une colère sourde, il devait contenir.
Il avait pourtant de l'amour, beaucoup d'amour,
D'une grand-mère généreuse qui l'avait sauvé
D'un avenir incertain qui aurait pu devenir contrarié,
Une femme au grand cœur, jusqu'à son dernier jour.
Il ressentait malgré lui une sourde mélancolie,
Qui ne le quittera jamais et une hypersensibilité
Encore très présente, comme enracinée
Dans l'homme qu'il est devenu aujourd'hui.
Telle une blessure profonde et béante,
Elle ne s'est
jamais refermée sur son passé,
Elle suinte de temps en temps,
laisse s'écouler
Les larmes amères d'une longue attente.
Un espoir qui ne connaît que les déboires,
Une ambition qu'il peut mettre dans un tiroir,
Qu'il voudrait à jamais ne plus avoir en vue.
Malgré les années, il n'a toujours pas la clef
De ses tourments, il n'arrive pas à se raisonner,
À ne plus faire toute une histoire de son arrivée,
À défaut d'être désiré, ne devait-il pas se résigner ,
D'être arrivé comme un cheveu sur la soupe ?
D'être devenu l'image d'un avenir contrarié
Aux yeux d'une mère orageuse et détachée,
qui voulait pourtant le garder sous sa coupe ?
Mais alors, de ce qui n'a jamais existé,
Comment faire le deuil et se désenchaîner ?
Comment oublier cette quête irraisonnée
Pour vivre enfin en paix, l'esprit libéré...
De cet anamour maternel.
27/06/2026