mercredi 13 mai 2026

L'éternité de l'instant

 


Sur un muret sans âge, je me suis posé sans bruit,

Pour ne pas réveiller les âmes endormies,

Au beau milieu de ce champ de croix,

Toutes élevées vers les cieux, pour dire leur foi.

 



Crucifix en délicates ferronneries ouvragées,

Où privé de tous embellissements insensés,

En marbre ou en granite pour braver le temps.

Tous semblent défier fièrement les éléments.

 


J'étais là, au milieu des allongés pour l'éternité,

À penser qu'un jour, je serai à leurs côtés.

À dire vrai, je ne suis pas pressé de  les suivre,

Sage, je m'efforce, avec l'âge, de bien vivre.



 À ces tombeaux froids,  qu'adoucit le soleil,

Je préfère encore mon lit tiède où je sommeille.

Parfois la compagnie des hommes me déçoit,

Mais de les supporter encore, je fais le choix.

 



Cependant, c'est bien là, en ce lieu paisible,

Que je  trouve ma contemplation  possible.

Ici, personne pour perturber ma méditation.

Les morts ont le sens inné de la compassion.



 

Ici, je sais que la nuit des temps m'attend,

Près de l'agitation d'un monde impatient.

J'aurai l'éternité devant moi pour explorer

Mon existence, elle aura été ce qu'elle a été.



 

Celle d'un homme qui a fait ce qu'il a pu,

Assumant ce qu'il n'a pas fait et ce qu'il aurait dû.

Je fais mon mea-culpa à l'ombre du cyprès,

Conscient de mes faiblesses, mais sans regrets.



 

Avec toutes ces âmes silencieuses, je bavarde.

Tandis qu'un gabian, sur un mausolée, lézarde

Et raille haut et fort comme un marin ivre,

Ce monde éphémère où nous devons survivre.

 


À l'horizon qui s'enflamme, Apollon s'incline,

Donne à cet instant une atmosphère divine.

Devant cette splendeur sans cesse renouvelée,

Je me dis ma chance de pouvoir la contempler.

 


Revigoré, je reprends ma flânerie,

Le cœur plus léger de me sentir en vie.

Tous ces morts silencieux me font apprécier,

La réalité et les tumultes de ma destinée.



 

Chaque instant de notre vie…

                        … est un pas vers l'éternité.




































Photos et texte : Christian Bailly

Tous droits réservés

13/05/2026

lundi 4 mai 2026

Où sont donc passées les robes des femmes ?

Illustration du net. 


Où sont donc passées les robes des femmes ?



 

Quand un souffle d'air les soulevait avec agilité,

Sous le regard troublé des garçons éberlués,

Quand, assises au soleil, à la terrasse des cafés,

Elles laissaient apercevoir leurs jambes croisées.

 

Quand elles laissaient dépasser leurs mollets galbés,

Perchés dans leurs petits souliers à talon effilés.

Elles ont disparu de nos rues, de nos avenues.

Elles ne virevoltent plus, ne jouent plus les ingénues.

 

Où sont donc passées les robes des femmes ?


 

Parsemées de marguerites, de jolis coquelicots

Légères et soyeuses comme une seconde peau

Fluides comme le vent sur un champ de blé,

Elles épousaient des femmes, les corps déifiés.

 

Et quand un genou venait à se laisser dévoiler,

Était-ce un rayon de soleil dans la journée ?

Une invitation muette à la défaillance ?

Une révélation, une indiscrète révérence ?

 

Où sont donc passées les robes des femmes ?



 

Avec l'air du temps, elles se sont envolées.

Sans se révolter de voir les jeans les évincer,

Les remplacer par cette toile denim délavée.

C'était les prémices d'une certaine liberté.




Christian Bailly

Tous droits réservés

19/04/2026

Ce matin




 Ce matin ma pivoine, pourtant si jolie,

M'a donné une sacrée leçon de vie...

La jeunesse est éphémère

Et aussi notre passage sur cette terre...

Un jour, la vie nous lâche

Même si ça nous fâche.

Alors faute d'avoir le choix

N'attendons pas d'être aux abois

Pour faire de notre séjour

Un bonheur de chaque jour...



Christian Bailly

Tous droits réservés

04/05/2026

vendredi 1 mai 2026

Pour que le 1er Mai rime avec Paix





Suspendues à une brindille,

Quelques gouttes de candeur

Pour faire un porte-bonheur,

Quand le monde vacille.


Quelques gouttes d'espoir 

Déposées sur votre cœur,

Pour le jour des travailleurs,

Ne peuvent que m'émouvoir. 


Quelques gouttes de lumière 

Pour éclairer notre monde,

Dont les colères grondent 

Et bouleversent les frontières.


Quelques gouttes de pureté 

Pour retrouver notre intégrité 

Et le retour de notre humanité. 

La guerre n'est pas une fatalité.




Quelques gouttes d'innocence

Pour chasser les responsables,

Pour juger les coupables. 

Ils n'ont pas mon indulgence.


Suspendues à une brindille,

Quelques gouttes de candeur

Pour distribuer le bonheur 

Sur ce monde qui vacille.


Pour vous ce bouquet d'amour...

Que les amoureux s'enlacent,

Que les hommes s'embrassent  

Et fassent la paix pour toujours !




Christian Bailly 

Tous droits réservés 

1er Mai 2026