vendredi 29 mai 2026

Le vénérable

 



 

De son tronc

noueux,

le vénérable

nu,

défit le temps.

 

Dépouillé

de sa dernière feuille,

au milieu de rien,

au centre de tout,

il espère,

serein.

 

Il guette

le printemps !

 

Le printemps en fleurs,

à ses pieds,

le printemps feuillu,

pour toucher les cieux.

 

Ses branches décharnées

griffent le ciel

attristé par l'hiver

venu  poser

son voile de deuil

sur la campagne

ankylosée

par les froidures

qui règnent sans partage.

 

Au loin,

l'horizon se dissout 

dans les brumes complices.

En cette morte saison,

elles estompent

la détresse du paysage

recroquevillé

sur lui-même,

dans sa mélancolie,

 

Inébranlable,

l'arbre dépouillé

de ses derniers atours

par le vent glacé

venu gémir

dans sa ramure

attend

avec humilité

un rayon de soleil

dont il renaîtra

une fois de plus,

depuis la nuit des temps.


Christian BAILLY

29/05/2026

Tous droits réservés

d'après la photo en illustration, de Thierry Contini 

lors de Itinérance foto à Sète 

jeudi 28 mai 2026

Évanescence



C'est vrai, je ne vois pas le temps passer,

Qu'aujourd'hui même est déjà trépassé,

En regardant une rose élégante s'épanouir, 

Un papillon d'une fleur à l'autre s'enfuir,





À méditer quelques pages de mon livre, 

Au port, à contempler les bateaux ivres,

À écouter les gabians et les oiseaux,

Ou en observant les reflets dans l'eau des canaux,




À humer dans la rue l'odeur de la tielle,

Ou le parfum ensorcelant d'une belle, 

À boire un verre à la terrasse d'un café,

En regardant la ville devant moi gesticuler.



C'est tout juste s'il me reste un moment 

Pour faire la sieste et prendre mon temps.

C'est vrai, je ne vois pas les jours passer,

Qu'aujourd'hui déjà s'en est allé. 



Texte et photos Christian Bailly 

Tous droits réservés 

28/05/2026

 


mardi 26 mai 2026

Avec ? Où sans ?




Quand un des lieux les plus mythiques de Sète devient le dépotoir d'une catégorie de citoyens plus prête de celle du porc que de celle de l'être humain.

Ne me dites pas que tout est arrivé par la mer quand on trouve leurs déchets déposés derrière les murs.

L'homme est capable d'ériger des œuvres d'art avec du bois flotté, mais incapable de ramasser ses immondices. 

Je sais que c'est à la mode dans le monde artistique de dénoncer nos déviances en exposant nos détritus, mais s'il vous plaît mesdames et messieurs les artistes arrêtez, il ne faudrait pas que votre art devienne un exemple d'expression.

Ce matin, nous étions heureux de retrouver le lieu magique d'entre tous de Sète, mais nous avons découvert un lieu défiguré par la bêtise et les incivilités d'êtres humains médiocres pour ne pas dire abjects.

Alors, qui osera encore dire que cette année le brise-lames n'a pas besoin d'être nettoyé ?

Merci à la Brigade Bleue de bien vouloir aller y faire un tour pour redonner un peu de cachet à ce lieu aimé par les Sétois, et ramasser ce qui reste. Nous, nous n'avons pu ramener que ce que notre sac en plastique nous permettait...

À bon entendeur, salut !

Texte  et photos Christian Bailly 

26/05/2026






























 

mardi 19 mai 2026

La caresse du jour

Illustration      Photographe :Giovanni Vecchi - 

                       Modèle : Alessandro Bonavita, danseur professionnel

 


Son corps danse

avec l'ombre

et la lumière.

Sur sa peau

l'or s'invite

et la nuit évite

de se montrer

trop gourmande

de sa chair.

 

Bras tendus

vers les cieux,

son corps s'élance,

avec élégance,

pour attraper

la caresse du jour,

qui  vient se poser

sur ses rondeurs,

que l'ombre désunit .

 

Il danse,

avec le clair-obscur.

Il joue à cache-cache

avec la nitescence.

Sur son corps

les reflets de sa vie,

entre la réalité

et l'illusion,

ses deux moi

se côtoient

pour ne faire qu'un.

 

Un seul être,

partagé,

entre être et paraître.

Mais un jour viendra,

où il dansera,

avec son habit de lumière,

dans la transparence du jour...


Christian Bailly

Tous droits réservés

19/05/2026

dimanche 17 mai 2026

Le chêne et la pierre

Photos Christian Bailly - Château et parc d'Ainay-le-Vieil

 



Assis au pied du chêne ancestral,

j'attendrai patiemment,

que passent mes vieux jours,

à l'ombre des années échues,

sur la pierre sourde et muette.

 

Sous le printemps de son feuillage,

imprégné d'effluves boisées,

je confierai l'automne de ma vie,

à la brise qui emporte les secrets,

dans la nuit opaque du temps,

où s'enlisent les rêves des hommes.

 


À mes pieds, mes illusions perdues,

attendront le passage d'une âme

errante en quête d'un destin.

Je lui raconterai les débris de ma vie,

mes espoirs posés sur le fil d'un rasoir,

Pour qu'il les sème au vent mauvais.

 

Puis, seul sur la pierre qui défie les ans,

j'attendrai l'hiver, le temps des labours.

Sans pitié, il déposera sur mon front

ses derniers sillons, plus profonds encore,

et sa pelisse blanche sur mes tempes.



 

Sa rigueur éteindra, de mes ardeurs,

les tous derniers soubresauts.

Ses froidures sur mes os fragilisés

viendront à bout de ma fierté

et je courberai l'échine malgré moi.

 

Alors, mes derniers pas m'emporteront,

loin, très loin de mon chêne ancestral,

loin du printemps de son feuillage,

sous la pierre sourde et muette

devenue le tombeau de mon âme…

 

                          …De poète.







Texte et Photos Christian BAILLY

Tous droits réservés

17/05/2026

samedi 16 mai 2026

Journée mondiale contre l'homophobie, la transphobie et la biphobie

 


Tous ensemble contre l'homophobie... 

Une journée qui ne devrait pas avoir raison d'être si la tolérance et l'amour étaient une ambition commune pour le bien vivre ensemble. 

Il est temps que les hommes comprennent : 

les différences de chacun d'entre nous font la richesse de nous tous.




Trop de jeunes sont encore victimes de leur peur et du rejet et se suicident.

Est-il juste qu'un enfant ou un adolescent doive justifier ce qu'il est à sa mère, à son père et leur amour être conditionné par leur arbitrage ?

Un enfant ne devrait-il pas avoir  confiance en ses parents et se sentir aimé et protégé par eux ?

Trop de personnes vivent encore dans le secret, confinées par la crainte d'être ostracisées.




Personne ne devrait se condamner au silence de peur d'être jugé, rejeté voire condamné à mort comme cela existe dans certains pays.

Personne ne devrait mettre sa vie entre parenthèses de peur d'assumer sa réalité.

La réalité de chacun, c'est ce que nous sommes dès notre naissance, avant même les influences de nos familles, de la société et des religions.

Personne ne devrait souffrir pour ce qu'il est, mais tous, nous devrions être fiers de ce que nous sommes en tant qu'être humain. 

Les seuls individus qui méritent d'être au banc de ce monde sont ceux qui propagent haine, intolérance et obscurantisme.

Je rêve d'un jour où personne n'aura à se justifier d'être lui-même.

Je rêve de voir la journée contre l'homophobie remplacée par la journée de "l'amour Universel".

Le monde entier à besoin d'amour, surtout en ce moment .




Christian Bailly 

16/05/2026

Illustrations : Affiches du Festival des Fiertés de Sète 2026 par les Élèves de l'école des Beaux-Arts de Sète.

mercredi 13 mai 2026

L'éternité de l'instant

 


Sur un muret sans âge, je me suis posé sans bruit,

Pour ne pas réveiller les âmes endormies,

Au beau milieu de ce champ de croix,

Toutes élevées vers les cieux, pour dire leur foi.

 



Crucifix en délicates ferronneries ouvragées,

Où privé de tous embellissements insensés,

En marbre ou en granite pour braver le temps.

Tous semblent défier fièrement les éléments.

 


J'étais là, au milieu des allongés pour l'éternité,

À penser qu'un jour, je serai à leurs côtés.

À dire vrai, je ne suis pas pressé de  les suivre,

Sage, je m'efforce, avec l'âge, de bien vivre.



 À ces tombeaux froids,  qu'adoucit le soleil,

Je préfère encore mon lit tiède où je sommeille.

Parfois la compagnie des hommes me déçoit,

Mais de les supporter encore, je fais le choix.

 



Cependant, c'est bien là, en ce lieu paisible,

Que je  trouve ma contemplation  possible.

Ici, personne pour perturber ma méditation.

Les morts ont le sens inné de la compassion.



 

Ici, je sais que la nuit des temps m'attend,

Près de l'agitation d'un monde impatient.

J'aurai l'éternité devant moi pour explorer

Mon existence, elle aura été ce qu'elle a été.



 

Celle d'un homme qui a fait ce qu'il a pu,

Assumant ce qu'il n'a pas fait et ce qu'il aurait dû.

Je fais mon mea-culpa à l'ombre du cyprès,

Conscient de mes faiblesses, mais sans regrets.



 

Avec toutes ces âmes silencieuses, je bavarde.

Tandis qu'un gabian, sur un mausolée, lézarde

Et raille haut et fort comme un marin ivre,

Ce monde éphémère où nous devons survivre.

 


À l'horizon qui s'enflamme, Apollon s'incline,

Donne à cet instant une atmosphère divine.

Devant cette splendeur sans cesse renouvelée,

Je me dis ma chance de pouvoir la contempler.

 


Revigoré, je reprends ma flânerie,

Le cœur plus léger de me sentir en vie.

Tous ces morts silencieux me font apprécier,

La réalité et les tumultes de ma destinée.



 

Chaque instant de notre vie…

                        … est un pas vers l'éternité.




































Photos et texte : Christian Bailly

Tous droits réservés

13/05/2026