jeudi 11 juin 2026

A Bernard

 


Bernard, notre ami

 

À l'heure où il nous faut te faire nos adieux,

Nous voulons te remercier pour cette amitié

Que nous avons partagée depuis tant d'années.

De ne jamais t'oublier, nous faisons ici le vœu.

 

C’est vrai, la vie est parfois bien dure,

Mais au-delà de la porte que tu as franchie,

Nous renouvelons ici cette affection par écrit.

Afin qu'à jamais dans nos cœurs, elle perdure.

 

Que celui qui t'a placé un jour sur notre chemin

Et à qui nous devons d'être amis, soit béni.

Sans lui nous n'aurions pas partagé de notre vie

D'aussi bons moments qui font tant de bien.

 

Une multitude de souvenirs nous assaillent,

Empreints de tes sourires et de tes bons mots

Qui resteront à jamais ; ils adouciront les maux

De la douleur de ton départ qui nous tenaille.

 

Devant toute cette assemblée,

Nous voulons te dire mille mercis

Pour tous ces moments de notre vie

Où tu as su nous témoigner ton amitié.

 

Quand sur un chemin éprouvant,

Nos destins prenaient un autre tournant,

Tu as su être là, à chaque instant ;

Nous te sommes très reconnaissants.

 

Cette pensée ravive des mots écrits

Sur une des pages de ma vie ;

Ils parleront certainement à nos amis

Réunis autour de toi, aujourd'hui.

 

Ces mots que l'on ne dit pas,

Mais que l'on pense tout bas…

Ils résonnent dans nos pensées,

Mais l'on n'ose pas les prononcer…

Parfois, ils font chavirer nos cœurs

Et ravivent notre ferveur.

On les retient au bout des lèvres

Et ils nous donnent la fièvre…

Ces mots qui avivent nos ardeurs

Et que l'on tait par pudeur.

Ces mots bien trop galvaudés,

Usés d'être communément usités,

Mais qui peuvent faire le bonheur.

De l'amour, de l’amitié, ils ont la saveur.

Pourtant, simples comme bonjour,

Ils nous valent souvent bien des détours

Pour avouer tout simplement

La grandeur de nos sentiments.

Paraît-il, le silence est d'or

Mais ces mots-là sont un trésor

Et pour soi, les garder

Serait une impiété…

Alors, de la part de cette assemblée

Pour toi réunie, je sais,

Je peux les dire,

J’ose les dire…

Bernard, nous t’aimons !






ChristianBailly

Tous droits réservés

11/06/2026

vendredi 5 juin 2026

Les sentinelles

 

 


Combien de fois ai-je tiré votre portrait,

du haut de la falaise,

ou à vos pieds ?

Vous m'hypnotisez !

Un clic par-ci !

Un clic par-là !

Vous êtes dans la boîte !

 


Echafaudés par des bras aguerris,

sur vos grandes pattes dégingandées,

frêles refuges

face aux éléments

calmes ou effrayants,

plantés là,

vous défiez le temps

                   ... Et les hommes !

 


Vous êtes superbes

par grand soleil,

inquiétants

dans la nuit sans lune

émouvants dans la grisaille,

mais toujours fiers

dans vos bottes enlisées

dans ces alluvions déposées

depuis la nuit des temps.


 

Vous êtes un modèle

de patience

pendant le jusant et l'étale,

vous semblez méditer

en silence

sur ce monde que vous défiez.

 


Vous êtes un modèle

de persévérance

quand vous sentez le flot

à vos pieds,

riche de pêches miraculeuses

et que vibre et gémit

sous le vent

votre sombre squelette.



Intrépides,

vous êtes les sentinelles

du couchant

chaque jour renouvelé,

dans ce lointain

qui vous reste inaccessible.






Texte et photos Christian Bailly

Les carrelet de Port-des-Barques - Charente Maritime

Tous droits réservés

05/06/2026

dimanche 31 mai 2026

Sur le sable mouillé

 


Image IA créée à partir de ma poésie 


Sur le sable encore mouillé,

J'écris le fond de ma pensée,

Je confie mes états d'âme, 

Doucement, je les déclame, 


Pour les voir emportés

Par les flots argentés,

Vers d'autres rivages

Où planent des nuages.


Où grondent de violents orages  

Non, ce ne sont pas des mirages,

Demandez aux enfants, aux mères,

Aux souffrants dans leur chair.


Ils s'interrogent, pourquoi la guerre ? 

Pourquoi sont-ils venus sur terre ?

Pour mourir, assurent les bombes,

Garnir des cimetières, les tombes.


Le monde n'a aucun pouvoir,

Il tourne la tête pour ne pas voir, 

Et les mères versent des larmes,

Prient pour que se taisent les armes. 


Elles retrouvent sans vie le fruit 

De leurs entrailles, déjà enseveli,

Alors tard dans la nuit, elles crient,

Mais leur douleur ne fait pas de bruit.


À leurs pleurs, le monde garde le silence.

Il court à sa perte avec insolence,

Sans voir les mères à genoux 

Pour implorer un destin plus doux.


En ce jour de fête des mamans, 

J'implore le monde d'être clément, 

D'oublier ses querelles mortifères. 

Et si demain nous étions enfin tous frères 


Sur le sable encore mouillé,

J'écris le fond de ma pensée,

Je confie mes états d'âme, 

Doucement, je les déclame, 


Christian Bailly 

Tous droits réservés 

 31/052026


vendredi 29 mai 2026

Le vénérable

 



 

De son tronc

noueux,

le vénérable

nu,

défit le temps.

 

Dépouillé

de sa dernière feuille,

au milieu de rien,

au centre de tout,

il espère,

serein.

 

Il guette

le printemps !

 

Le printemps en fleurs,

à ses pieds,

le printemps feuillu,

pour toucher les cieux.

 

Ses branches décharnées

griffent le ciel

attristé par l'hiver

venu  poser

son voile de deuil

sur la campagne

ankylosée

par les froidures

qui règnent sans partage.

 

Au loin,

l'horizon se dissout 

dans les brumes complices.

En cette morte saison,

elles estompent

la détresse du paysage

recroquevillé

sur lui-même,

dans sa mélancolie,

 

Inébranlable,

l'arbre dépouillé

de ses derniers atours

par le vent glacé

venu gémir

dans sa ramure

attend

avec humilité

un rayon de soleil

dont il renaîtra

une fois de plus,

depuis la nuit des temps.


Christian BAILLY

29/05/2026

Tous droits réservés

d'après la photo en illustration, de Thierry Contini 

lors de Itinérance foto à Sète 

jeudi 28 mai 2026

Évanescence



C'est vrai, je ne vois pas le temps passer,

Qu'aujourd'hui même est déjà trépassé,

En regardant une rose élégante s'épanouir, 

Un papillon d'une fleur à l'autre s'enfuir,





À méditer quelques pages de mon livre, 

Au port, à contempler les bateaux ivres,

À écouter les gabians et les oiseaux,

Ou en observant les reflets dans l'eau des canaux,




À humer dans la rue l'odeur de la tielle,

Ou le parfum ensorcelant d'une belle, 

À boire un verre à la terrasse d'un café,

En regardant la ville devant moi gesticuler.



C'est tout juste s'il me reste un moment 

Pour faire la sieste et prendre mon temps.

C'est vrai, je ne vois pas les jours passer,

Qu'aujourd'hui déjà s'en est allé. 



Texte et photos Christian Bailly 

Tous droits réservés 

28/05/2026

 


mardi 26 mai 2026

Avec ? Où sans ?




Quand un des lieux les plus mythiques de Sète devient le dépotoir d'une catégorie de citoyens plus prête de celle du porc que de celle de l'être humain.

Ne me dites pas que tout est arrivé par la mer quand on trouve leurs déchets déposés derrière les murs.

L'homme est capable d'ériger des œuvres d'art avec du bois flotté, mais incapable de ramasser ses immondices. 

Je sais que c'est à la mode dans le monde artistique de dénoncer nos déviances en exposant nos détritus, mais s'il vous plaît mesdames et messieurs les artistes arrêtez, il ne faudrait pas que votre art devienne un exemple d'expression.

Ce matin, nous étions heureux de retrouver le lieu magique d'entre tous de Sète, mais nous avons découvert un lieu défiguré par la bêtise et les incivilités d'êtres humains médiocres pour ne pas dire abjects.

Alors, qui osera encore dire que cette année le brise-lames n'a pas besoin d'être nettoyé ?

Merci à la Brigade Bleue de bien vouloir aller y faire un tour pour redonner un peu de cachet à ce lieu aimé par les Sétois, et ramasser ce qui reste. Nous, nous n'avons pu ramener que ce que notre sac en plastique nous permettait...

À bon entendeur, salut !

Texte  et photos Christian Bailly 

26/05/2026






























 

mardi 19 mai 2026

La caresse du jour

Illustration      Photographe :Giovanni Vecchi - 

                       Modèle : Alessandro Bonavita, danseur professionnel

 


Son corps danse

avec l'ombre

et la lumière.

Sur sa peau

l'or s'invite

et la nuit évite

de se montrer

trop gourmande

de sa chair.

 

Bras tendus

vers les cieux,

son corps s'élance,

avec élégance,

pour attraper

la caresse du jour,

qui  vient se poser

sur ses rondeurs,

que l'ombre désunit .

 

Il danse,

avec le clair-obscur.

Il joue à cache-cache

avec la nitescence.

Sur son corps

les reflets de sa vie,

entre la réalité

et l'illusion,

ses deux moi

se côtoient

pour ne faire qu'un.

 

Un seul être,

partagé,

entre être et paraître.

Mais un jour viendra,

où il dansera,

avec son habit de lumière,

dans la transparence du jour...


Christian Bailly

Tous droits réservés

19/05/2026