samedi 14 février 2026

Un saxo dans la nuit




 Un saxo dans la nuit

hurle tout bas à la vie.

Il pleure l'amour déchu

de celle qui n'est plus

qu'une déchirante évocation

d'une éphémère passion.


du Net

 

Un saxo dans la nuit

hurle tout bas à la vie.

C'est un cri de détresse

envoyé à l'adresse

de celle qui a quitté

les pages de son passé.


du Net

 

Un saxo dans la nuit

Hurle tout bas à la vie

C'est un chant funèbre

adressé aux ténèbres.

Il attend son passeport

pour la malemort


du Net

 

D'un saxo dans la nuit

des notes s'enfuient,

au terme d'une vie échue,

vers un paradis perdu

dans un ciel endeuillé,

où une étoile est née.

 



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vendredi 13 février 2026

Viens, soleil ! Viens !



Viens, soleil ! Viens !

 

En attendant

que tu nous reviennes,

plus éclatant, plus lumineux,

resplendissant même.

 

En attendant

que d'un seul coup de rayon

tu gommes ce ciel gris chargé

d'une pluie de mélancolie.

 

En attendant

ton retour entre les feuilles

d'un pommier en fleur,

d'un ancestral olivier,

ou d'un palmier

bruissant sous la brise.

 

Blandin Magali - Soleil Doré

Viens, soleil ! Viens !

Viens éclairer les hommes

plongés dans l'obscurité,

accompagne la colombe de la paix

dans un ciel d'heureuses promesses.


François Jornod

 

En attendant

de faire la fête,

de marcher pieds nus

sur le sable chaud,

de lézarder

sous un parasol complice,

de nous ébattre

dans la fraîcheur des flots,

ou de paresser

sur la terrasse d'un café.

 

DECOUDUN Jean Charles

En attendant de nous plaindre

de te sentir trop brûlant,

trop envahissant,

et d'espérer la fraîcheur

de quelques gouttes d'eau.

 

En attendant…

 

En l'attendant, je veux danser…

Oui, je veux danser

pour te faire revenir à nous.

Danser à perdre haleine,

épuiser mes vieux os,

ils ont oublié leurs vingt ans.

 

Kikooyou

Peu importe,

sinon, je danserai dans ma tête,

pour ne pas pleurer

sur nos vertes années enfuies

et retrouver dans ses yeux

l'éclat de notre jeunesse

où nous dansions  

jusqu'au bout de la nuit.

 

Viens, soleil ! Viens !

Viens caresser mon corps déchu,

donne-lui la joie de vivre.

et fais le danser…

 

Danser…

Danser…

Danser…



Christian Bailly

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13/0/2026

mercredi 11 février 2026

La rue de Tunis (Sète)



 La rue de Tunis…

Une rue qui se raconte toute seule…

Ici, chacun vient y dire ce qu'il a à dire.

Pas besoin de lever les yeux au ciel.

À chacun de vos pas,

elle vous confit ses états d'âme, 

ses divagations, ses folies, ses amours.

Parfois, on sourit, on applaudit,

Parfois, ça pique,

ça fait du bien où ça fait mal,

ou on grince des dents…

On aime ou on n'aime pas ! 

Mais elle ne nous laisse pas indifférents,

la rue de Tunis !

mardi 10 février 2026

La mariée






Elle offrit son cou vulnérable à ses baisers,

Avant d’abandonner son corps à ses plaisirs.

Le temps était venu de ne plus lui résister,

De céder aux pulsions de sa chair, à ses désirs.


du net


L'époux déversa sur elle une pluie de caresses.

Elles couraient partout sur sa peau incendiée.

Il l'enveloppa d'un flux continu de tendresse.

Elle le guida là où gisait une mine de volupté.


Marc CHAGALL


Avec habileté, il avait contourné les difficultés

De sa robe virginale jusqu'au dernier dessous,

Echoués au sol, pour cet instant, sacrifiés.


du net


Elle se retrouva là, toute nue, sans défense,

Mais résolue à lui offrir son jardin des délices.

À tout jamais, ils scelleraient leur alliance.


Regina Ishina


Christian Bailly
Tous droits réservés
10/02/2026

dimanche 8 février 2026

Abandon

Photo Christian Bailly - Musée Rodin ( Paris)
L'éternelle idole - Auguste Rodin


Dans la rumeur silencieuse des feuilles sous la brise,

Dans le chant guilleret de la fauvette à tête noire,

Dans le mutisme des chênes plus que séculaires,

Dans le vol silencieux et gracieux des papillons,

J'ai entendu le chant du destin.

Photo Christian Bailly - Forêt de Fontainebleau



Dans le bourdonnement des abeilles laborieuses,

Dans le frémissement sous le tapis de feuilles mortes,

Dans le gémissement des branches entre elles,

Dans le froissement de l'herbe haute, sous mes pas,

J'ai entendu le chant du destin.


Photo Christian Bailly - Prairie dans le Cantal


Dans le coassement fiévreux des grenouilles agitées,

Dans la roucoulade amoureuse de deux tourterelles,

Dans le craquement sec des pommes de pin au sol,

Sous un rayon de soleil printanier déjà bien vivace,

J'ai entendu le chant du destin.


Photo Christian Bailly - Pin à Port de Barques



Ce chant languissant me disait de ne plus résister,

De ne plus refuser le bonheur à portée de main,

D'accepter volontiers de l'amour toutes les bontés

Et de me fondre avec toi, dans ce monde voluptueux,



Pour me laisser aller aux douceurs de tes baisers...


Photo Christian Bailly - Musée Rodin ( Paris)
Le baiser - Auguste Rodin


Christian Bailly

Tous droits réservés 

16/01/2026

mercredi 4 février 2026

La Forêt


« Deviens ce que tu es » – Nietzsche


Bien des fois, j’ai pris les sentiers de la forêt,

Au milieu des fougères séchées par l’été,

Là, en son sein, j’ai senti ses odeurs lourdes

Et suaves de sa propre décomposition.




Bien des fois, j’ai écouté son cœur battre

Sous les feuilles, où je pouvais discerner

Le bruissement de la vie et de la mort.

Alors, je faisais d’elle ma confidente,

Au fil du temps, elle était devenue mon amie.




Oui, bien avant les hommes, elle a su.

Très tôt, elle a tout perçu de moi,

Elle, elle connaissait mon secret !




Elle a été le témoin de ces rendez-vous

Montrés du doigt, interdits par les lois,

C'est là que je retrouvais les mêmes ombres,

Pour des jeux inconvenants, qu’il fallait taire.




Bien des fois, j’ai levé les yeux vers les cimes

De ses vieux sages, implantés depuis des siècles,

Pour leur demander « pourquoi moi ? ».

J’attendais du frémissement de leurs feuilles,

D'être mis au pilori ou d’être innocenté.




Ils me répondaient avec un rayon de soleil,

Qu'ils laissaient glisser doucement jusqu’à moi,

Apaisant d'une caresse, ma blessure intestine.

Ils semblaient me dire simplement, « Sois-toi ! 




Bien avant les hommes, elle a su mon désarroi.

Enfant, je me réfugiais dans son ventre de mère,

Où je cachais ces différences qui effleuraient

Ma conscience encore ignorante, encore naïve.

Pendant ma jeunesse, je me détachais d’elle,

L’amour m’avait donné de grandes ailes,

Pour m’envoler, haut, au-dessus de mes peurs.




Mais avec le temps, au retour de mes turpitudes,

Elle fut le témoin des larmes d'un homme désarmé,

Pour qui sa bienveillance ne suffisait plus.

Et pourtant, en elle, j'avais puisé mes forces

Pour aller de l’avant, et suivre ma destinée,

Sur mon chemin hasardeux, tracé depuis toujours.




C'est sous sa canopée que j’ai fait mon choix

Assumer enfin, ce que je devais à la nature.


Christian Bailly 
Tous droits réservés
04/02/2026

samedi 31 janvier 2026

Fleurs de sel


du net

 

 

Il y a des amours sans fin,

que le temps,

jamais,

ne saurait dissoudre.

 

De ces amours,

il reste toujours

quelque chose,

même une fois évaporées,

même après les ardeurs

de la passion passées.

 

Quelque chose

d'impérissable,

d'indissoluble,

comme une fleur de sel.

 

Une fleur de sel

venue secrètement

se déposer sur le cœur

et qui donne à jamais,

du sel à la vie

et aux larmes.

 

Christian Bailly

Tous droits réservés

31/01/2026