mercredi 2 septembre 2026

Demain sera un autre jour…




Le jour et la nuit, ne s'enlacent-ils pas,

pour faire l'aurore, ou le crépuscule ?

Ne mêlent-ils pas lumière et obscurité,

pour ensemble, embraser ciel et terre ?


 

Une trêve, entre deux âmes contraires,

authentifiée par la ceinture de Vénus.

L’union fragile de la clarté et de l’ombre,

pour un clair-obscur divin, mais éphémère.

 

L’instant suivant, l’un cède le pas à l’autre,

avec l’espoir de se voir rendre la politesse.

Le jour à la primeur de cet arrangement,

il ne perd pas de temps pour nous éblouir.

 

Il répand sur les prairies, et les champs,

sa douceur qui s'envole en fumerolles,

tandis qu'éclosent, sur chaque brin d'herbe,

les premières gouttes d'une chaste rosée.

 

De partout, le monde s'éveille et s'agite,

comme une renaissance renouvelée.

À qui de chanter, de piaffer d'impatience,

de vivre, de travailler ou de rien faire.


 

La campagne reprend sa vie rurale,

proche des réalités de ce monde.

Les villes s'agitent avec cette frénésie

qui fait trembler notre fragile univers.

 

Enfin arrivé à son zénith, Jupiter triomphe.

appliqué, le monde est à ses pieds,

il travaille laborieusement à son avenir

devenu, avec le temps, plus hypothétique.


 

Imperturbables, les heures s'égrainent,

Jupiter entraîne le jour vers son déclin.

Il est déjà temps de céder le pas à la nuit,

de lui rendre, comme il se doit, la politesse.

 

Déjà, la ceinture de Vénus prophétise.

La nuit se presse d'enlacer le jour qui s'enfuit,

étreinte mortelle, dans un bain de sang !

Complice, l'obscurité dissimule le crime.



 

Au levant, sans attendre, la dame blanche

se présente auréolée de son innocence,

au monde à bout de souffle, exténué,

par ce qu'il considère comme sa mission.

 

Ne reste plus que la faune nocturne,

pour se faire entendre, sous les étoiles, 

et la faune noctambule ou encanaillée,

pour se faufiler dans l'ombre conciliante.


 


Tandis que la nuit sereine étend son dais,

le marchand de sable fait son œuvre,

chacun, à ses rêves, oublie son éphémérité.

Demain, peut-être, sera un autre jour…


Texte et Photos Christian Bailly

Photos: Coucher de Soleil d'hiver à Port-des-Barques

Tous droits réservés

02/09/2026


 


dimanche 23 août 2026

La vieille porte

 

Vieux pas-de-porte - Aubusson



Sur le passé,

la porte s'était refermée.

Sous le poids des années,

le banc s'était affaissé.

Dans la maison oubliée,

le silence s'était installé

derrière les volets fermés.

La vie l'avait quittée.

Les enfants s'étaient envolés

bien avant le décès des aînés.

La tranquillité avait remplacé

les rires autrefois enjoués.

Puis la solitude s'était emparée

de ces lieux  désertés.

La vieillesse s'était faufilée

malgré la porte  verrouillée

et avait fini par les emporter.

Dans le vase, les fleurs se sont fanées,

la comtoise s'était arrêtée,

plus de feu dans la cheminée,

la poussière s'était étalée,

les araignées avaient emménagé.

La page était tournée.

La porte s'est refermée

sur leur destinée.



Après avoir visité la Cité internationale de la tapisserie, n'oubliez pas de rendre visite à la Maison du tapissier pour découvrir ce métier d'art. Une agréable lissière vous y attend pour vous expliquer son magnifique métier.
















Visite de la ville d'Aubusson 






























Texte et photos Christian Bailly

Tous droits réservés

23/08/2026



samedi 25 juillet 2026

Lys des sables


 


Dans les dunes chauffées à blanc,

Par le soleil écrasant de l'été,

Le lys de mer défie l'entendement,

S'épanouit là pour nous fasciner.



 

De sa blancheur toute virginale

Il nargue les oyats déjà grillés.

Pour nous offrir sa corolle royale,

Il se contente de peu, en vérité.

 


Peu lui importe, embruns et vents salés

C'est les pieds ancrés dans le sable chaud

Qu'il existe et vit son éphémère destinée.

 


Tel un bouquet immaculé de mariée,

Il demeure le noble lys des sables,

Ressuscité d'entre ses feuilles desséchées.



 

Christian Bailly

Tous droits réservés

25/07/2026

mercredi 22 juillet 2026

Sète, ma promise

 



Dès la première fois que je t'ai vue, j'ai su,

Je serais, pour toi, une nouvelle recrue.

Je m'en souviens comme si c'était hier,

Les pieds dans l'eau, nimbée de lumière.





De Saint-Clair, auréolé de soleil, j'ai embrassé

La ville toute entière, de tes canaux moirés

En passant par le Môle et ton Cimetière Marin,

De la Corniche aux Pierres Blanches sous les pins,


 

De l'atypique Pointe Courte au Quartier Haut,

J'aurais aimé manier la palette et le pinceau.

Après ce jour inoubliable, pétri de bonheur,

Je t'ai offert la plus belle place en mon cœur.


 

Je n’ai eu de cesse de poser mes bagages

En ton sein si généreux et sur tes rivages

Où se reflètent les couleurs de ta bonne humeur.

Là, de la vie, j'oublie les rancœurs et les pleurs. 



Depuis, mes cheveux ont pris le reflet des âges.

De ta poésie, je noircis des pages et des pages.

Alors, je trempe ma plume dans ton sable mouillé

Pour chanter les louanges de notre amour passionné.




 

Et j’oublie…

J’oublie…

J’oublie le temps qui passe près de toi…




Texte et photos Christian Bailly
Tous droits réservés
03/2026