samedi 27 juin 2026

Anamour maternel.


 

Parfois, je surprends ce petit enfant revenir

De ces années très lointaines du passé,

Calme et sans histoire, que l'on disait bien élevé,

Cependant, une colère sourde, il devait contenir.


Il avait pourtant de l'amour, beaucoup d'amour,

D'une grand-mère généreuse qui l'avait sauvé

D'un avenir incertain qui aurait pu devenir contrarié,

Une femme au grand cœur, jusqu'à son dernier jour.



 

Il ressentait malgré lui une sourde mélancolie,

Qui ne le quittera jamais et une hypersensibilité

Encore très présente, comme enracinée

Dans l'homme qu'il est devenu aujourd'hui.

 

Telle une blessure profonde  et béante,

Elle ne s'est  jamais refermée sur son passé,

Elle suinte de temps en temps,
laisse s'écouler

Les larmes amères d'une longue attente.



 Une espérance qui a survécu à la déconvenue,

Un espoir qui ne connaît que les déboires,

Une ambition qu'il peut mettre dans un tiroir,

Qu'il voudrait à jamais ne plus avoir en vue.

 

Malgré les années, il n'a toujours pas la clef

De ses tourments, il n'arrive pas à se raisonner,

À ne plus faire toute une histoire de  son arrivée,

À défaut d'être désiré, ne devait-il pas se résigner      ,

 

 


D'être arrivé comme un cheveu sur la soupe ?

D'être devenu l'image d'un avenir contrarié

Aux yeux d'une mère orageuse et détachée,

qui voulait pourtant le garder sous sa coupe ?

 

Mais alors, de ce qui n'a jamais existé,

Comment faire le deuil et se désenchaîner ?

Comment oublier cette quête irraisonnée

Pour vivre enfin en paix, l'esprit libéré...

 

De cet anamour maternel.



Christian Bailly

Tous droits réservés

27/06/2026

vendredi 19 juin 2026

À mes enfants



https://music.youtube.com/watch?v=Kq9Gpadvzgk&si=Zb6kVUZPYTylquKd


Il y a des messages d’amour,

Qui vous bouleversent,

Qui vous renversent le cœur,

Et font monter un mascaret d’émotions

Jusqu’aux bords des yeux.

Vous avez beau les fermer,

Rien n’y fait.

Il faut vous résoudre

À les libérer,

À les exposer aux regards de ceux qui vous aiment,

Comme une offrande

Faite à leur affection.

Ces perles-là viennent du cœur,

Pour s’évaporer au grand jour

Devant leur amour.

Alors, comme dans une boule de cristal,

Ils savent tout de votre amour,





Comme vous savez tout du leur.

Sans être issus de votre ventre,

Ils sont un peu de votre chair,

De votre sang,

Mais beaucoup de votre cœur.

/I/ls sont votre vie,

Et vous réalisez votre chance de les avoir.

Alors, vous espérez

Que ce que vous n’avez pas reçu,

Vous avez été capable de l’inventer pour eux.

Alors, vous réalisez

Qu’ils sont les plus beaux cadeaux

De votre vie.


Christian Bailly

Tous droits réservés

19/06/2026

mardi 16 juin 2026

À la Pointe Courte


 

À la Pointe Courte,

derrière son amas

de maisonnées

colorées,

bien alignées,

sans fierté,

un petit port caché

derrière ses filets

patients et résignés,

en train de sécher.


 

Ici pas de chalutiers,

Pas de thoniers

démesurés,

mais des embarcations

sans prétention,

pour effleurer très tôt 

de l'étang de Thau, 

la surface irisée,

et aux petits matins frisquets,

aller relever

les nasses et les filets

dont il faut trier les poissons

avant le retour à la maison.

 


Dans la journée,

chacun est occupé

dans ce fatras organisé

qui fait son charme,

loin du vacarme.

Chacun son anneau

pour son bateau,

et sa baraque

où chacun vaque

à bien vivre,

sans avoir à suivre

les lubies et les ivresses

de la ville en liesse.



 

Ici, à la main, on répare,

soigneusement, on prépare

capetchades et nasses

pour aller les déposer

avec le couchant

flamboyant

sur les flots de l'étang.



 

Mais du paysage, la beauté

ne fait pas oublier

la rudesse du labeur

de la vie de pêcheur.



 

Le soir, c'est un village

qui s'endort, bien sage,

dans la quiétude

et la plénitude

de ce lieu historique

et magique

qui fait la fierté des Pointus.


















































Texte et photos Christian Bailly

Tous droits réservés

16/06/2026