samedi 5 septembre 2026

Là où je serai (John)

 




Là où je serai  (John)

 

Si je venais un jour à ne plus être…

Ne me cherchez pas sous une pierre,

Au fond d'un sinistre cimetière.

Au pied d'une croix en fer forgé,

Ou au cœur d'un sombre mausolée,

 

Non, vous ne me trouverez pas là !

 

Vous me trouverez, Mes Amis... 

Dans les jonquilles que je n'aurai pas osé cueillir,

Dans le jardin abandonné qui vient de refleurir,

Au bord de la Wharfe qui cavale et ne pense qu'à fuir

Notre ville apaisée, où il fait bon vivre et vieillir.

 

Au milieu des bruyères en fleurs sur la lande désertée,

À parcourir le Wharfdale que mon regard a tant embrassé,

À Otley Chevin Forest Park  baigné de fraîcheur,

Où dans nos pubs, à refaire le monde, avec cœur.

 

 

À rôder dans Fountains Abbey, magnifiée,

Ou peut-être à croiser les âmes des sœurs Brontë

Au milieu de ces paysages qu'elles ont si bien romancés,

À parcourir ce comté du Yorkshire riche de son passé

 

Vous me trouverez là, Mes Amis... 

Dans le clin d'œil complice d'un rayon de soleil mutin,

Dans le vol désinvolte du papillon à l'éphémère destin,

Dans le coucher de soleil aux couleurs de la passion,

Dans le clair de lune et sa silencieuse révolution,

 

Dans les constellations éternellement agitées,

Dans tout ce monde vivant, que j'ai tant aimé.

 

C'est là que je vous attendrai…

C'est là que vous me trouverez, Mes Amis…

 

En mémoire de John MORGAN

 


08/07/2026

 

Where I Shall Be (John)

 

If one day I should cease to be… 

Do not look for me beneath a stone,

In the silence of some desolate cemetery;

At the foot of a wrought-iron cross,

Or in a dark mausoleum's loss,

 

No you will not find me there.

 

You will find me, my friends... 

Among the daffodils I never dared to pick,

In the abandoned garden blooming once again,

Beside the Wharfe as it races past, only thinking of escape

From our quiet town, a beautiful place to live and grow old..

 

You will find me among the heather flowers upon the lonely moors,

Wandering through Wharfedale, a valley my eyes so often cherished,

In Otley Chevin Forest Park, bathed in the fresh air,

Or in our pubs, putting the world to rights, with all our hearts.

 

Haunting through Fountains Abbey, in all its splendour,

Or perhaps crossing paths with the spirits of the Brontë sisters,

In the middle of these landscapes that they have romanticized so well

 Exploring this county of Yorkshire, so rich in history.

 

You will find me there, my friends... 

In the knowing wink of a playful ray of sunshine,

In the carefree flight of a butterfly, with its fleeting destiny,

In the sunset glowing with the colours of passion,

In the moonlight and its silent journey across the skies,

 

Among the constellations, forever restless and alive,

In this living world, which I have loved so deeply.

 

This is where I shall be waiting for you..

This is where you will find me, my friends...

 

In memory of John MORGAN























Christian BAILLY

Tous droits réservés

08/07/2026

Harmonie douce

Harmonie douce  - Marie Bouchel



Dans l'harmonie douce du levant,

Trois jeunes frères en goguette

Prennent la poudre d'escampette,

Sur leurs dériveurs nonchalants.



Auréolés des lumières de l'aurore,

Le cœur léger et plein d'espoir,

Ils ne recherchent pas la gloire,

Non, ils veulent voir le jour éclore.



Sur leurs voiles au vent, le jour

Dépose sa mélodie pour inspirer

Leur voyage de marins assurés,

Souffle aux haubans son discours.



L'onde les porte sur ces flots irisés,

Où se mirent leurs reflets,

Tandis qu'Hélios et ses coursiers

Commencent leur traversée.



Comme au temps de leur jeunesse,

Sur l'onde qui les a vus s'affronter,

Ils retrouvent la joie de se défier,

Et de renouveler leurs prouesses.



Déjà tout là-bas, dans le lointain,

Sur le Môle, le phare Saint-Louis

Étire sa silhouette, puis s'évanouit,

Impatient, qu'il est, d'être à demain,



Pour les voir, telle une femme de marin,

Revenir dans le crépuscule d'airain,

La peau tannée par les embruns,

Le corps fourbu, mais l'esprit serein,

 

Sur l'écume chatoyante du jour





Christian Bailly

Tous droits réservés

05/09/2026


mercredi 2 septembre 2026

Demain sera un autre jour…




Le jour et la nuit, ne s'enlacent-ils pas,

pour faire l'aurore, ou le crépuscule ?

Ne mêlent-ils pas lumière et obscurité,

pour ensemble, embraser ciel et terre ?


 

Une trêve, entre deux âmes contraires,

authentifiée par la ceinture de Vénus.

L’union fragile de la clarté et de l’ombre,

pour un clair-obscur divin, mais éphémère.

 

L’instant suivant, l’un cède le pas à l’autre,

avec l’espoir de se voir rendre la politesse.

Le jour à la primeur de cet arrangement,

il ne perd pas de temps pour nous éblouir.

 

Il répand sur les prairies, et les champs,

sa douceur qui s'envole en fumerolles,

tandis qu'éclosent, sur chaque brin d'herbe,

les premières gouttes d'une chaste rosée.

 

De partout, le monde s'éveille et s'agite,

comme une renaissance renouvelée.

À qui de chanter, de piaffer d'impatience,

de vivre, de travailler ou de rien faire.


 

La campagne reprend sa vie rurale,

proche des réalités de ce monde.

Les villes s'agitent avec cette frénésie

qui fait trembler notre fragile univers.

 

Enfin arrivé à son zénith, Jupiter triomphe.

appliqué, le monde est à ses pieds,

il travaille laborieusement à son avenir

devenu, avec le temps, plus hypothétique.


 

Imperturbables, les heures s'égrainent,

Jupiter entraîne le jour vers son déclin.

Il est déjà temps de céder le pas à la nuit,

de lui rendre, comme il se doit, la politesse.

 

Déjà, la ceinture de Vénus prophétise.

La nuit se presse d'enlacer le jour qui s'enfuit,

étreinte mortelle, dans un bain de sang !

Complice, l'obscurité dissimule le crime.



 

Au levant, sans attendre, la dame blanche

se présente auréolée de son innocence,

au monde à bout de souffle, exténué,

par ce qu'il considère comme sa mission.

 

Ne reste plus que la faune nocturne,

pour se faire entendre, sous les étoiles, 

et la faune noctambule ou encanaillée,

pour se faufiler dans l'ombre conciliante.


 


Tandis que la nuit sereine étend son dais,

le marchand de sable fait son œuvre,

chacun, à ses rêves, oublie son éphémérité.

Demain, peut-être, sera un autre jour…


Texte et Photos Christian Bailly

Photos: Coucher de Soleil d'hiver à Port-des-Barques

Tous droits réservés

02/09/2026


 


dimanche 23 août 2026

La vieille porte

 

Vieux pas-de-porte - Aubusson



Sur le passé,

la porte s'était refermée.

Sous le poids des années,

le banc s'était affaissé.

Dans la maison oubliée,

le silence s'était installé

derrière les volets fermés.

La vie l'avait quittée.

Les enfants s'étaient envolés

bien avant le décès des aînés.

La tranquillité avait remplacé

les rires autrefois enjoués.

Puis la solitude s'était emparée

de ces lieux  désertés.

La vieillesse s'était faufilée

malgré la porte  verrouillée

et avait fini par les emporter.

Dans le vase, les fleurs se sont fanées,

la comtoise s'était arrêtée,

plus de feu dans la cheminée,

la poussière s'était étalée,

les araignées avaient emménagé.

La page était tournée.

La porte s'est refermée

sur leur destinée.



Après avoir visité la Cité internationale de la tapisserie, n'oubliez pas de rendre visite à la Maison du tapissier pour découvrir ce métier d'art. Une agréable lissière vous y attend pour vous expliquer son magnifique métier.
















Visite de la ville d'Aubusson 






























Texte et photos Christian Bailly

Tous droits réservés

23/08/2026