dimanche 9 décembre 2018

Le vin jaune de la colère

Images du net


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Manu ! Tu le presses...
Tu le presses...
Tu le presses le petit peuple…
Mais aujourd'hui, le vin est tiré,
Pas le communard,
Pas la piquette,
Pas le tir-boyaux,
Mais le vin jaune, 
Parfumé de revendication,
Aux arômes de révolution,
Le vin jaune des hommes de paille,
Que dédaigneux, tu railles.
Un cépage qui a pris racine
Où mûrit encore sa rage,
Dans les terroirs de notre France rurale
Abandonné par l’oligarchie libérale

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Manu ! Le vin jaune de la colère est tiré,
De la colère qui voit rouge,
Celui que tu n’invites pas à ta table,
Mais à qui tu racontes des fables,
Celui à qui tu interdis
Ton palais de nantis.
Le vin des prolétaires
Que tu voudrais faire taire…

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Le vin des princes de la rue,
Entends comme ils tonitruent !
Entends les Gaulois réfractaires 
Qui défient les dignitaires,
Le peuple de feignants, de cyniques.
Aujourd’hui, il revendique !

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Manu ! Le vin jaune de la colère est tiré
Par le peuple souverain
Qui n’accepte plus d’être ton larbin.
Il danse la Carmagnole
Pour défendre sa bagnole.


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Il veut du vin, du bon pain,
Un peu de brioche pour demain,
Ne plus tirer le diable par la queue
Et vivre enfin des jours heureux
Avec les fruits de son travail,
De sa vie, reprendre le gouvernail,
Ne plus crever la bouche ouverte…
Manu ! Entends ses cris d’alerte !

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Manu ! Le vin jaune de la colère est tiré
Le verre est trop plein,
De misère, de chagrin,
Vois comme il déborde dans les rues !
Vois comme dans les brancards, il rue !
Trop d’impôts, de taxes, de surtaxes,
Là, maintenant, il demande la relaxe,
L’imposition équitable des richesses
La fin de ce monde à deux vitesses
Qui fait la part belle aux nantis
Et étrangle irrémédiablement les démunis
Il ne veut plus des affameurs
Qui se gavent des fruits de son labeur
Il ne veut plus des profiteurs
Des boursicoteurs et des tricheurs
Qui vivent comme des empereurs
Alors que le peuple se meurt…
Non, il n’est pas jaloux
Mais il ne veut plus rassasier les loups
Il veut vivre dans la dignité et la paix
Et qu’on lui marque du respect.

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Manu ! Le vin jaune de la colère est tiré,
Tu le bois cul-sec…
Jusqu’à la lie…
Ou tu t’en vas !

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Christian Bailly
Tous droits réservés
09/12/2018





vendredi 23 novembre 2018

Il pleuvait





Emerico Imre Toth









Il pleuvait alors sur mon âme,
Comme il pleuvait sur mon cœur
Inondé par beaucoup trop de rancœurs
Notre destinée est parfois bien infâme.












Le Cri de Munch






J'étais enfermé dans mon cauchemar,
De moi-même, je n'étais que l'ombre.
J'attendais que s'ouvre ma tombe.
Pour les autres, je me faisais fuyard.




















Je renonçais à survivre à mon destin,
J'attendais l'avènement du verdict.
De mes proches et amis, la vindicte,
De l'épée de Damoclès, le scrutin.









Pierre-Paul Prud'hon






Il pleuvait alors sur mon âme,
Comme il pleuvait sur mon cœur.
Je respirais, oui, mais à contrecœur.
Je savais pour eux mon crime infâme.

















Le purgatoire était bien de ce monde,
L'enfer pour moi était à deux pas.
Pas besoin d'attendre mon trépas,
Ma vérité avait saveur nauséabonde.












le jugement de pâris - Hans von Aachen





Un jour, pourtant, la parole s'envola,
Pour se poser sur la place publique,
Avec des relents d'acide chlorhydrique.
J'eus cette espérance, qu'on m'immola.






David - La mort de Socrates




Qu'enfin finisse mon long supplice,
Pour connaître les torpeurs de l'oubli.
Ma réputation définitivement établie,
Je pouvais boire jusqu'à la lie, le calice.






Eugène Delacroix - La barque de Dante




J'essuyai bientôt la tempête de ma vie,
Puis, je reçus des preuves de compassion.

J'eus les suffrages, pour cette confession,
De tous mes proches et de mes amis.









Il pleuvait du bonheur sur mon âme,
J'oubliais toute une vie de rancœurs.

Naissance de la lune et du soleil  - auteur inconnu

Christian Bailly
Tous droits réservés
10/06/2014


samedi 1 septembre 2018

Réalité

Illustrations: Photos Christian Bailly



Bercé par le chant 
Des flots argentés, 
J’oublie la réalité 
D’un présent décevant. 

De l’horizon, à l’infini, 
Je puise l’inspiration 
De mes mornes illusions. 
Mon âme se languit. 

Je nourris le fol espoir 
De voir un monde 
Ou la haine moribonde 
Finirait à l’abattoir. 

De son flux, immuable, 
Notre vénérée mère 
Efface les pas éphémères 
D’un mortel incurable. 

Je réalise ma petitesse, 
Je vénère sa grandeur. 
J’admire la candeur 
De son éternelle jeunesse. 






Que suis-je pour elle ? 
Un piètre grain de sable 
À qui le temps implacable 
Cherchera un jour querelle ? 

En réalité, peu lui importe, 
Mes poétiques errances, 
Mes mièvres espérances… 
Que le vent m’emporte ! 

La vérité est là, devant moi, 
Nue, impudique et effrontée. 
Le temps m’est compté, 
Sur nous, il impose sa loi. 

Dans son lit tumultueux, 
Je m’enfonce lentement. 
J’en extrais résolument, 
De quoi redevenir radieux. 

Bercé par le chant 
Des flots argentés, 
J’oublie la réalité 
D’un présent décevant. 




Christian Bailly
Tous droits réservés
01/09/2018

dimanche 3 juin 2018

Plume insoumise


du net


Jusqu’à mon dernier souffle,
J’espère bien ne pas être sage,
Et garder à l’esprit ma rage
De penser sans avoir à rougir.
Jusqu’à mon dernier soupir, 
J’espère bien, de la vieillesse,
Ne pas acquérir cette sagesse 
Dévolue aux cheveux argentés.
Ce n’est qu’usé par ma destinée,
Qu’un jour, je devrai m’incliner,
Alors, il sera temps de me retirer,
Pour ne pas avoir à regretter
De me taire, de me résigner. 
Je pourrais tirer ma révérence, 
Je partirai sans résipiscence.
Je vous présenterai mes hommages, 
Et je tournerai ma dernière page.

du net

En attendant, je ne tairai point ma plume,
Je ne cacherai point mes amertumes,
Je dénoncerai haut les privilèges
Et des affameurs, fort, leurs manèges,
Leurs manigances et leurs roublardises, 
Leur mépris et aussi leur couardise.
À ma plume, la libre expression, 
Pour chanter l’esprit de ma rébellion.
Oui, je veux mourir en insoumis, 
La plume levée devant les ennemis
De tous les travailleurs oppressés  
Par tous ces nantis, ces financiers,
Qui thésaurisent à l’étranger
Au-delà de ce qu’ils peuvent dépenser. 


Ô mes amis dites-moi ! Expliquez-moi !
À quoi servent ces immenses fortunes, 
Quand d’autres n’ont pas une tune
Pour survivre dignement au lendemain,
Et dans la rue doivent tendre la main.
Outre-tombe, pourtant, rien ne se monnaie 
Et malheureusement rien ne se paie,
Ni les crimes de sang, ni les infamies,
Ni les fautes, ni les escroqueries,
Alors pourquoi cumuler tant de dollars
Et sur les pauvres se faire du lard ?

 
Oui, je veux mourir en insoumis
Avant de voir, de ce monde, l’agonie, 
Ruiné par tous ces traîtres à la nation,
Soucieux uniquement de leur ascension
Pour s’enrichir et vivre comme des rois,
 Ils détournent ou offensent les lois,
Ils pillent, ils saccagent la planète,   
Ils récoltent, puis sèment la tempête, 
Ils nous empoisonnent sans vergogne,
Et si on grogne trop fort, ils cognent.

PHOTOGRAPHIE DE MATTHIAS KLUM,
L'huile de palme contribue à la déforestation


À ma plume affranchie et rebelle,
Je persiste et lui donne des ailes,
Pour dénoncer combien ces affameurs, 
Sont prêts à tout selon leurs humeurs,
Pour dépouiller les travailleurs, 
Et remplir les poches des prédateurs. 
D’une main, ils sabrent le champagne,
Et de l’autre, nous envoient au bagne.
De nous, pauvres marionnettes, 
Ils font, quand ils veulent, des charrettes.




Jusqu’à mon dernier souffle,
J’espère garder à l’esprit, ma rage
De penser sans avoir à rougir,
Ma fierté de ce que j’aurai osé écrire.
J’espère, un jour, chanter à la gloire
Des peuples libérés, à leur victoire,
Avant que ne m’emporte le vent hiver,
Et que je sois le festin des vers.

La Liberté guidant le peuple - Eugène Delacroix

Christian Bailly
Tous droits réservés
03/06/2018




mercredi 30 mai 2018

Instant présent



 

Bercée par les flots,
Mon âme vagabonde,
Oublie le temps qui passe
Sur elle, à tir d'aile.

Chargés d'éternité, 
Le flux caresse les galets
Lissés par la nuit des temps.
Je les foule de mon pas de mortel.

Sûr, je serais emporté
Avant qu'ils ne soient les grains 
Du sablier universel
Qui date l’humanité.

Une mouette inconsciente, 
À cent lieux d’imaginer
Mes divagations d’humain,
Frôle les flots immuables.

Elle poursuit son chemin,
Ignorante de ses lendemains.
Inconsciente de son devenir
Libre comme le vent.

Au travers des nuages amassés,
Un rayon de soleil audacieux
Dépose sur la crête des vagues
Des étincelles d'espoir.

Je suis vivant !
Je suis dans l'instant présent...
Et je sais ma chance…
N'est-ce point ça le bonheur ?

 

Texte et photos : Christian Bailly
Tous droits réservés 
31/05/2018