samedi 11 avril 2026

Au beau milieu s'écoule la rivière

Frédéric Valdi


 Au beau milieu s'écoule la rivière,

Bordée d’aulnes et de noisetiers,

Dominés par de bruissants peupliers,

Iris et nénuphars captent la lumière.

 

Les grenouilles amoureuses coassent,

Se cherchent au milieu des roseaux.

Les carpes s’agitent, frayent à fleur d’eau.

Le pêcheur rêve de remplir sa besace.

 

Dans les fourrés, un peuple piailleur

S’affaire à bâtir des nids douillets

Pour accueillir les jeunes couvées,

Où le coucou trouvera son bonheur.

 

Sur le pont de Cézy, je me suis posé,

Là, j’imagine tout ce tumulte printanier

Vers lequel s’enfuient mes pensées,

Le cœur serré d’avoir dû m’en éloigner.


Christian Bailly

Tous droits réservés

07/04/2026


jeudi 9 avril 2026

L'ange déchu...

Icare de Bogdan Goloyad Sculpture sur bois

 

Sa beauté

l'avait fait chanceler,

Sa lumière

l'avait égaré.

 

De son chemin,

il s'était détourné

pour rejoindre

le temple de la chair.

 

Vers Priape,

il finit par se tourner,

séduit

par de beaux apollons.

 

Il avait bu

le nectar des hommes,

au plaisir,

il avait succombé.

 

Son corps,

il en fit une offrande,

le livrant

aux âmes damnées.

 

Il donna

ce qu'il avait appris,

l'amour

teinté de compassion.

 

Des hommes,

il connut la douceur,

de leurs sexes,

il endura les brûlures.

 

En eux,

il découvrit les vertus

mais aussi

les ombres coupables.

 

À la luxure

il s'abandonna,

et le désir, 

lui brûla les ailes.

 

À jamais,

il devint l'ange déchu,

banni des cieux

arraché à sa stèle.

 

Mais sur terre,

il trouva enfin sa place :

un destin 

qu'il avait rêvé d'embrasser.


"L'Ange déchu" d'Alexandre Cabanel



Christian Bailly

Tous droits réservés

08/04/2026

lundi 6 avril 2026

Pas comme les autres et alors !?

 J'ai décidé de partager ce poème sur ma page.

Il m'a été dédié par une amie poétesse Liliane AFFRE.

Je suis sûr qu'il parlera à beaucoup d'autres personnes.


Image web



C'est un garçon pas comme les autres,*

Mais il est mon ami.

Je sais qu'il préfère les hommes.

Qu'avec les femmes, il est comme dans un aquarium.

Il n'a pas choisi, c'est la nature qui l'a fait ainsi.



C'est un garçon pas comme les autres,

Des gènes contrariés on semé la zizanie,

Il a pourtant essayé de se conformer

À ce que les autres de lui attendaient,

Alors qu'à lui-même, longtemps, il a menti.




C'est un garçon pas comme les autres,

Je crie haro sur son infamie !

Je me moque qui est dans son lit.

Sa féminité, il l'a cachée comme une confidence,

Moi, je lui trouve du charme et de l'élégance.




C'est un garçon pas comme les autres.

Mais qui après avoir souffert a rebondi,

Dévoilant avec courage qui il était.

Avec un homme aimer dans la sérénité

Et de sa renaissance en faire toute une poésie.



Image web


* emprunté à STARMANIA (Ziggy)

Liliane AFFRE
2021.05 17
Tous droits réservés

jeudi 2 avril 2026

Le don du vent


 

Le don du vent,

un souffle continu dans la grand-voile

quand le marin avisé suit sa bonne étoile,

un soupir qui efface les larmes de l'épouse angoissée,

à son retour, dans les brumes éthérées.

Un chant lancinant dans les gréements,

à la tombée du jour, sur le port indolent.

Et quand soudain il se tait un moment,

il inspire aux âmes paix et recueillement.

 


Le don du vent,

un courant d'air venu sécher

et parfumer les draps étendus dans les prés fauchés.

Dans le ciel, il emporte les cerfs-volants,

et fait bondir de joie les enfants.

Il passe comme une houle sur un champ de blé

avant qu'il ne soit moissonné.

Il ébouriffe les cheveux d'une fiancée,

ou soulève avec grâce le voile d'une mariée.


 

Le don du vent,

au printemps, il est une vague d'embellie

parfumée des premières fleurs épanouies.

Il est une caresse tiédie par le soleil un soir d'été,

venue cueillir à nos fronts fiévreux, la rosée,

ou un tourbillon de feuilles mortes qu'il emporte

dans le ciel d'automne, sous bonne escorte.

En hiver, en bourrasques, sans désarmer,

il nous fait savourer le feu de la cheminée

 


Le don du vent,

c'est une risée sur un étang, à la tombée de la nuit,

un frisson qui passe et nous laisse étourdis,

chavirés par l'errance de son souffle.


Texte et photos Christian Bailly

Tous droits réservés

01/04/2026