À mes pieds, les vagues gémissent et meurent, sans prières,
La brise enjouée emporte leurs plaintes vers les cieux.
Le ciel ne porte plus le deuil de la morte-saison, de l'hiver.
Le printemps relève la tête nimbée de jours heureux.
Sur la plage gisent les cadavres emportés par les tempêtes,
Ballottés par les flots turbulents; le sable sera leur sépulture.
Que reste-t-il de leurs existences, des troncs nus, sans têtes,
Avec lesquels, pour s'abriter, les touristes bâtiront des murs.
Rêveur, j'écoute les histoires que veut bien me raconter le vent,
Parfumé par les amandiers en fleurs qu'il ébouriffe au passage.
Mais très vite, à leurs pieds, il ne restera qu'un voile blanc,
Que viendront égratigner, quelques iris et violettes bien sages.
Même ici, le rêveur que je suis peine à oublier les menaces.
Elles pèsent sur les hommes, mais pas sur ce monde innocent.
Il poursuit sa ronde au rythme soutenu des saisons qui passent,
Laissant les hommes pour ce qu'ils sont, de fantasques enfants.
La nature s'éveille, elle se pare des couleurs des beaux jours,
Selon ses moyens, tout le vivant s'affaire, installe le printemps.
Pour séduire à coup sûr, chacun se pare de somptueux atours.
Des espoirs bourgeonnent, il ne faut pas manquer l'événement.
Christian Bailly
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22/03/2026








