jeudi 30 avril 2026

Le phare de la Coubre

 



Devenue une sentinelle aux pieds fragiles,

Des tempêtes, tu étais pourtant le vigile.

Mais le temps, cruel et patient, à la dérobée,

Te dévoile depuis peu, ses tristes projets.

 


Au-delà de l’absurdité des hommes obstinés,

Dame Nature, alliée de l'onde déchaînée,

Sans remords, te fait payer

Ton audace et tes années de fierté.



 

Pourtant combien de navires égarés

Dans les brumes, as-tu repérés ?

Pourtant combien d'âmes en danger

Dans les nuits qui grondent as-tu sauvées ?

 



Les flots, tels des cavaliers de l'Apocalypse

Sans pitié, ta bienveillance, ils éclipsent.

Les vagues déferlantes chargent les dunes

Résignées devant tant d'infortune.

 


Longtemps contenues, les forces inégales

S'affrontent dans un duel déloyal.

Par les embruns, la végétation brûle,

La ligne de front, chaque hiver recule.


 

Combien de bourrasques te reste-t-il à affronter ?

Combien de levants te reste-t-il à contempler ?

Moins, beaucoup moins que ceux passés,

Le temps est venu d'accepter cette destinée.

 


Les hommes se pressent pour te visiter,

Sans vraiment savoir comment te sauver

Du désastre annoncé, mais il n'est plus temps,

Il est bien là, le grand effondrement...

 


Avec les premiers sinistrés gisant à tes pieds

 




Texte et photos Christian Bailly

Tous droits réservés

28/04/2026

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