jeudi 15 janvier 2026

Enfance de sauvageons



Francis Picabia - Laveuse au bord de l'Yonne


Je me souviens de notre campagne endormie.

Loin des tumultes des villes éloignées.

Nous ignorions les prémices de leurs folies.

Notre terre sentait les foins en train de sécher,


Les foins - Jules Bastien-Lepage


Les champs de blé dorés en douceur au soleil,

Le crottin des troupeaux qui revenaient des prés,

La corne des sabots sous le fer devenu vermeil,

Après la pluie, l'exhalaison de l'herbe mouillée.


Annha - Art majeur


Je n'oublie pas non plus le parfum étourdissant

Du tapis émeraude et parme de la côte aux violettes,

Et plus loin, celui des coucous, doux et envoûtants.

Du printemps, nous venions faire la cueillette.


Pascal Giroud


Puis avec nos bottes de sept lieues, souvent crottées

De cette terre riche et pesante de la vallée,

Ventre à terre, nous courions jusqu'aux bords apaisés.

De la rivière, sous les ombrages des peupliers.


Peupliers sur l'Epte  - Monet



Un jour cow-boy, un jour indien, chasseur ou gibier

Un jour un voleur de grand chemin, un jour policier

Un jour, un roi, un jour, un prince ou encore chevalier

Un jour, un valeureux soldat, un autre, un prisonnier


Illarion Mikhailovich Pryanishnikov


Notre charmante campagne était notre royaume.

Le terrain de jeux de nos imaginations fertiles

Comme cette terre sous nos pieds ; elle embaume

Encore les souvenirs de nos liesses juvéniles.


Christian Bailly
Tous droits réservés
15/01/2026

4 commentaires:

  1. Nostalgie quand tu nous tiens. Très beau poème joliment illustré.

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    1. Merci ! Une page lointaine de ma vie sur laquelle il me plaît de revenir pour la partager...

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  2. Marie Hermel
    Bonjour cher ami . Lorsque j’étais petite , nous venions de quitter Sete à mon grand désespoir certes , mais l’endroit où nous habitions ensuite était un petit coin de paradis nommé : VOGELINE , en pleine campagne . Ce petit bourg était situé juste à côté de RUELLE où mes grands parents avaient une épicerie . Il y avait un lavoir et le jeudi il y avait des femmes et des enfants y compris moi même qui aimait l’odeur du savon et le bruit des battoirs sur les draps . Nous avions l’interdiction de nous approcher du bord pour ne point risquer de tomber et nous noyer . Les dames rentraient leur linge propre avec des brouettes . Les conversations allaient bon train . Quelle belle époque Christian . Des bises et Merci 🙏.

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    1. Christian Bailly
      Marie Hermel Merci Marie. Ma Grand-mère tenait aussi l'épicerie du village. Quel changement cela à dû te faire de quitter Sète pour ce village. J'ai connu ça, ma Grand-mère aussi allait au l'avoir. Elle m'emmenait dans sa carriole...Puis l'eau courante est arrivée dans les maisons en 1960. Ensuite ma Grand-mère a eu la chance d'avoir une grande machine à laver le linge chauffée au bois. Elle a apprécié surtout pour laver le linge de mon Grand-père qui était maréchal-ferrant.
      Toute une époque !!!
      Merci pour ta visite sur ma page. Bon week-end et à bientôt.

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