samedi 27 juin 2026

Anamour maternel.


 

Parfois, je surprends ce petit enfant revenir

De ces années très lointaines du passé,

Calme et sans histoire, que l'on disait bien élevé,

Cependant, une colère sourde, il devait contenir.


Il avait pourtant de l'amour, beaucoup d'amour,

D'une grand-mère généreuse qui l'avait sauvé

D'un avenir incertain qui aurait pu devenir contrarié,

Une femme au grand cœur, jusqu'à son dernier jour.



 

Il ressentait malgré lui une sourde mélancolie,

Qui ne le quittera jamais et une hypersensibilité

Encore très présente, comme enracinée

Dans l'homme qu'il est devenu aujourd'hui.

 

Telle une blessure profonde  et béante,

Elle ne s'est  jamais refermée sur son passé,

Elle suinte de temps en temps,
laisse s'écouler

Les larmes amères d'une longue attente.



 Une espérance qui a survécu à la déconvenue,

Un espoir qui ne connaît que les déboires,

Une ambition qu'il peut mettre dans un tiroir,

Qu'il voudrait à jamais ne plus avoir en vue.

 

Malgré les années, il n'a toujours pas la clef

De ses tourments, il n'arrive pas à se raisonner,

À ne plus faire toute une histoire de  son arrivée,

À défaut d'être désiré, ne devait-il pas se résigner      ,

 

 


D'être arrivé comme un cheveu sur la soupe ?

D'être devenu l'image d'un avenir contrarié

Aux yeux d'une mère orageuse et détachée,

qui voulait pourtant le garder sous sa coupe ?

 

Mais alors, de ce qui n'a jamais existé,

Comment faire le deuil et se désenchaîner ?

Comment oublier cette quête irraisonnée

Pour vivre enfin en paix, l'esprit libéré...

 

De cet anamour maternel.



Christian Bailly

Tous droits réservés

27/06/2026

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire