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| Le Vrin (Photo du net) |
Au cœur de ma nature généreuse, coulait un ruisseau,
Où l'été, je me délivrais de mes peines d'enfant.
Là, j'aimais oublier le temps qui languissait,
J'étais chez moi, dans un monde sans hommes.
Au milieu des iris, des joncs, sous les saules pleureurs,
Je cachais ma différence, et mes questionnements.
Dans l'eau claire et vive, je pansais mes plaies.
Le soleil, sur l'onde, semait ses éclats de diamants.
Je les cueillais dans mes petites mains innocentes.
Mais ils fuyaient entre mes doigts au fil de l'eau,
En gouttelettes indomptables et étincelantes.
Elles étaient toute ma fortune mais j'étais heureux.
Un concert de sauterelles, de grenouilles amoureuses
De fauvettes, d'alouettes et de merles chanteurs,
Accompagnait mes jeux d'eau et mes rêveries ;
Volage, je pourchassais têtards et papillons.
Je m'allongeais sur un tapis brodé de boutons d'or,
Sous le dais de verdure, d'ombre et de fraîcheur,
Là, je refaisais le monde à ma convenance,
Dépourvu de ses éternelles malveillances.
Sur les ailes d'une libellule aux couleurs arc-en-ciel,
Je m'envolais vers des pays imaginaires où j'étais roi.
Un roi sans fortune, mais riche de ce monde,
Qui vivait à mes pieds et m'offrait sa bienveillance.
Le lavoir, déserté par les lavandières cancanières,
Devenait mon château ; par sa toiture ouverte
Des couples de tourterelles venaient s'abreuver.
Là, je ne craignais que les assauts du temps.
Au retour, je tendais la main au-dessus des murs,
Pour cueillir des fruits de saison, à peine mûrs.
Souvent, leur amertume me faisait grimacer,
Mais obstiné, j'y mordais à pleines dents.
Je courais notre village, les bois, les champs,
J'arpentais mon royaume de long en large.
Il n'avait pour frontières que ma fatigue, ma faim.
Et pour douaniers, chênes, aulnes ou peupliers.
Ni montre, ni écran, mais le soleil pour cadran
Me disait les heures passées à gambader.
Un peu avant le dîner, la cloche de mon aïeul
Résonnait dans le village privé de clocher.
J'ignorais les vêpres, mon grand-père était athée.
Il me restait peu de temps pour être à pied d'œuvre,
Me faire propre, présentable, et mettre la table.
Été comme hiver, sept heures, c'était l'heure !
Pour ma grand-mère qui débordait d'amour,
Je revenais souvent avec des fleurs sauvages.
la porte, je déposais ma couronne de galopin,
Ici, mes jeux et mes rêveries prenaient fin.
Là, finissait mon règne…
Jusqu'à ma prochaine escapade…
Libre, mon ruisseau continuait sa destinée
Et emportait avec lui mes secrets.
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| Lionel Boucher |
(1)
Le Vrin, ou Saint-Vrain, prend sa source dans
la forêt de Merry-la-Vallée et se jette dans l'Yonne, en rive gauche, à Cézy
Christian Bailly
Tous droits réservés
11/06/2022
Revisité le 25/03/2026






Bernard Denizot
RépondreSupprimerRetour sur ton passé : c'est beau et j'ai aimé
Kris Bailly
Auteur
Oui, Bernard, il y a des jours où j'aime me bercer de ces souvenirs d'enfance... J'en garde les bons souvenirs même si les moins bons me restent en mémoire ... Bisous de nous deux.j
Thomas Martin
RépondreSupprimerBonjour Kris 😘
Répondre2 j
Kris Bailly
Thomas Martin Bonsoir Thomas ! A bientôt
Phil Grevesse
RépondreSupprimerTrès beau texte
Répondre2 j
Kris Bailly
Phil Grevesse Merci beaucoup Phil ! Belle fin de soirée et à bientôt
Remy Pellicer
RépondreSupprimerTrès beau, beaucoup de réminiscences
Répondre2 j
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Kris Bailly
Remy Pellicer Merci Remy ! En effet ! Il y a des choses de notre passé que nous n'effaçons jamais, les bons souvenirs... Les autres, nous les rangeons au fond d'un tiroir, et gare si nous venons à l'ouvrir par inadvertance... Belle fin de soirée à vous deux
Sébastien Bodin
RépondreSupprimerC est, beau, très bien écrit
Répondre2 j
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Kris Bailly
Sébastien Bodin Merci beaucoup d'apprécier Sébastien ! Belle soirée et à très bientôt
Michel Biart
RépondreSupprimerMerci, bien cher Christian.
Répondre2 j
Kris Bailly
Michel Biart Tout le plaisir est pour moi mon cher Michel ! Belle nuit à toi et à bientôt
Pierre Biras-Strasky
RépondreSupprimerle chemin de la liberté...☀️
Répondre1 j
Kris Bailly
Pierre Biras-Strasky D'une certaine liberté Pierre.... Tout n'était pas permis, loin de là... 😉 Il n'y avait pas de caméras pas des yeux pour voir et si nous faisions une bêtise le rapport était vite fait aux parents qui s'appliquaient à nous remettre dans le droit chemin ... 😉 Ce n'était pas comme aujourd'hui !
Véronique De la Flor :C'est magnifique ! J'aime toujours tes textes ou tes poèmes... Tu as une imagination débordante et quel talent ! Merci beaucoup Christian pour ce partage... Je te souhaite un bel après-midi... à l'ombre ! 😓
RépondreSupprimerÀ Véronique De la Flor De rien Véronique... C'est moi qui te remercie... Tu sais ce n'est pas seulement de l'imagination. Ce poème reflète vraiment des moments vécus dans mon enfance, comme d'autres des sentiments ou des états d'âme ressentis. Bonne soirée et à très bientôt Véronique
SupprimerClaudio Piantoni
RépondreSupprimerVous ete extraordinaire gros bisous
KRIS à Claudio Piantoni c'est sympa Claudio. Merci
Jean François Valade
RépondreSupprimerC est magnifique kriss,je me retrouve complètement dans tes paroles,ca fait du bien de se rappeler de tout cette epoque
Kris
Jean François Valade
Merci Jean François. Je suis content d'avoir fait ce voyage dans le temps avec toi. A bientôt
Gerard Agullo
RépondreSupprimerMagnifique Tu es formidable Kriss
Krus à Gerard Agullo Merci beaucoup Gérard
Patrick Samyn
RépondreSupprimerJoli texte
Kris à
Patrick Samyn Merci beaucoup Patrick. Bonne soirée