Assis au pied du chêne ancestral,
j'attendrai patiemment,
que passent mes vieux jours,
à l'ombre des années échues,
sur la pierre sourde et muette.
Sous le printemps de son feuillage,
imprégné d'effluves boisées,
je confierai l'automne de ma vie,
à la brise qui emporte les secrets,
dans la nuit opaque du temps,
où s'enlisent les rêves des hommes.
À mes pieds, mes illusions perdues,
attendront le passage d'une âme
errante en quête d'un destin.
Je lui raconterai les débris de ma vie,
mes espoirs posés sur le fil d'un rasoir,
Pour qu'il les sème au vent mauvais.
Puis, seul sur la pierre qui défie les ans,
j'attendrai l'hiver, le temps des labours.
Sans pitié, il déposera sur mon front
ses derniers sillons, plus profonds encore,
et sa pelisse blanche sur mes tempes.
Sa rigueur éteindra, de mes ardeurs,
les tous derniers soubresauts.
Ses froidures sur mes os fragilisés
viendront à bout de ma fierté
et je courberai l'échine malgré moi.
Alors, mes derniers pas m'emporteront,
loin, très loin de mon chêne ancestral,
loin du printemps de son feuillage,
sous la pierre sourde et muette
devenue le tombeau de mon âme…
…De poète.
Tous droits réservés
17/05/2026
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire