dimanche 17 mai 2026

Le chêne et la pierre

 



Assis au pied du chêne ancestral,

j'attendrai patiemment,

que passent mes vieux jours,

à l'ombre des années échues,

sur la pierre sourde et muette.

 

Sous le printemps de son feuillage,

imprégné d'effluves boisées,

je confierai l'automne de ma vie,

à la brise qui emporte les secrets,

dans la nuit opaque du temps,

où s'enlisent les rêves des hommes.

 


À mes pieds, mes illusions perdues,

attendront le passage d'une âme

errante en quête d'un destin.

Je lui raconterai les débris de ma vie,

mes espoirs posés sur le fil d'un rasoir,

Pour qu'il les sème au vent mauvais.

 

Puis, seul sur la pierre qui défie les ans,

j'attendrai l'hiver, le temps des labours.

Sans pitié, il déposera sur mon front

ses derniers sillons, plus profonds encore,

et sa pelisse blanche sur mes tempes.


 

Sa rigueur éteindra, de mes ardeurs,

les tous derniers soubresauts.

Ses froidures sur mes os fragilisés

viendront à bout de ma fierté

et je courberai l'échine malgré moi.

 

Alors, mes derniers pas m'emporteront,

loin, très loin de mon chêne ancestral,

loin du printemps de son feuillage,

sous la pierre sourde et muette

devenue le tombeau de mon âme…

 

                          …De poète.







Texte et Photos Christian BAILLY

Tous droits réservés

17/05/2026

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