Joyeux Anniversaire ma Princesse !
Gros bisous de ton Papy...
Las de voir toutes leurs années s'entasser,
Leurs souvenirs de jeunesse en herbe, fauchés,
Sur des clichés hors d'âge, en passe de s'effacer.
La pendule, grande sotte, poursuit sa course.
Immuable, elle scande les secondes qui s'envolent,
Indifférente à leurs heures comptées qu'elle immole.
Elle dilapide leur temps, jamais ne les rembourse.
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| Nicole Marbaise |
Ils se regardent, l'œil chagrin de voir ce qu'ils sont.
Elle, la mine chiffonnée ne regarde plus le miroir,
Lui, le visage buriné, ne connaît plus le fil du rasoir.
Où sont passées leurs gueules d'ange et de démon ?
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| Carl Wilhelm Hubner |
Elle se revoit, fraîche telle une rose à peine éclose
Il se souvient du jour de juin, en train de la cueillir.
Son corps, alors, était loin de vouloir le trahir.
De tous ses charmes, elle attendait qu'il dispose.
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| Emile Vernon - Jeune femme aux roses |
Qu'il est loin le temps des moissons de bonheurs.
Il butinait ses charmes, au bout de ses tétons,
S'émerveillait des trésors enfouis sous ses jupons,
Découvrait les senteurs délicates de sa candeur.
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| Jean Honoré- Fragonard |
Ils se regardent, se comprennent sans paroles.
Sur leurs lèvres émaciées, un sourire désabusé,
Leurs mains décharnées s'unissent pour un baiser,
Tandis que leurs cœurs usés, de nouveau s'affolent.
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| James Coates FineArt |
Bien sûr, le temps continue son monologue,
Mais ils s'aiment tant ! Alors pourquoi regarder
Par la fenêtre, ce monde qui les a déjà oubliés ?
Leur vie n'est plus qu'un livre qui attend son épilogue.
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| du net |
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| Kheder Haji Daham |
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| Tekkamaki- Sans parole |
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| Massacre des innocents de Nicolas Poussin |
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| Beckmann - La nuit |
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| Pénélope - La violence du monde |
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| Picasso - Guernica |
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| Thèmes |
L'odeur
abricotée de la fleur de coucou,
Les
lilas entêtants au bord de notre verger,
L'humble
violette qui me mettait à genoux.
Sur
le chemin, j'entends, perché dans le ciel,
Le
chant de l'alouette et du chardonneret,
Dans
le taillis ou posé sur un arc-en-ciel,
Le
merle chanteur bien moins discret.
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| Pommier en fleurs |
Je savoure de mon passé tartes et gâteaux,
Les
crêpes gourmandes à la confiture,
Le
pain grillé dans le chocolat chaud,
Le
lait frais encore tiède, au goût nature.
Sous
mes pas sautillants, j'ai retrouvé,
Les
chemins bordés de coquelicots,
Mes
courses folles dans les champs de blé,
Et
les soirs d'hiver à feuilleter le dico.
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| Coquelicots |
Je
me régale avec le civet de lapin,
Il
embaumait la cuisine toute la matinée,
Mais
aussi, avec la grande tartine de pain
Garnie,
avec soin, de chocolat râpé.
J'entends
l'appel lointain de la cloche,
Alors
que je courais sur la colline,
Sur
la neige, le crissement de mes galoches,
Et
à l'école, nos chansons enfantines.
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| Ecole de Thèmes |
Sous les pas de mon passé, j'ai retrouvé,
La
morsure de l'eau fraîche du ruisseau
Sur
mon corps innocemment dépouillé,
Puis
les largesses du soleil sur ma peau.
J'entends
le matin, le chant besogneux,
De
la forge et du marteau sur l'enclume.
La
fanfare jouant son concert pompeux,
Du
quatorze juillet, les flonflons sur le bitume.
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| Mon Grand Père, Henry Bailly |
Je
hume mille odeurs longtemps oubliées,
Le
sainfoin en fleur, et celle du crottin,
La
fraîche mandarine de Noël espérée,
Le
jardin fleurant le thym et le romarin
Je
revois en pleine fleur, dans le verger,
Les
promesses de pommes succulentes,
De
l'été clément, les nuits constellées,
À
chercher des yeux des étoiles filantes.
Qu'elle
était belle la vallée de mon enfance,
Quand
je courais pieds nus dans la rosée,
J'oubliais
alors mes peurs, mes défiances,
Elle
était mon paradis, mon Empyrée
Mais
je ne le savais pas.