mercredi 24 février 2021

Naufrage

Photos: Plage de Sète 



Dans sa tenue de soirée,
Le soleil couchant,
Paré d'or et d'argent,
Partage son naufrage annoncé.


Dans un dernier coup d'éclat,
Il nous couvre de richesses,
Nous gratifie de largesses,
Avant son passage dans l'au-delà.


Une munificence éphémère
Un sempiternel mélodrame
Éclipsé sans état d'âme
Par les ténèbres et son suaire

La nature se prépare au deuil,
Avant de tourner la page.
Ombre et lumière partagent
Un dernier pas de deux, sur le seuil.


La lumière tire sa révérence,
Devant la pénombre triomphante.
La lune se prépare, bienveillante,
À une veillée de pénitence.


Pour la nuit, elle sera sentinelle,
Sur un monde endormi,
Oublieux de ses soucis,
De ses tourments de mortel.


Tandis que l'astre sombre,
Dans un ultime geste d’adieu,
Aux nuées, il met le feu,
Lâchant sa proie pour l’ombre.






Texte et photos (Sète) : Christian Bailly
Tous droits réservés
24/02/2021


lundi 15 février 2021

Le chant du monde





Envoûté par l'onde tumultueuse,
J'écoute le chant du monde.
Il m'emporte, me transporte
Dans ses courants mélancoliques.
Je me laisse bercer par le flot
De mes sentiments douloureux.
Bientôt, ils me submergent,
Jusqu'à noyer mon âme morose
Dans les abîmes du temps.


Du net

La mélancolie est mon amie.
Une grande amie de toujours,
Il me plaît de la coudoyer.
Je lui abandonne mon âme,
Tout le temps qu'il faut,
Pour écrire alors un poème,
Avant de renaître à la vie,
Plus heureux, plus accompli.
Alors la vie me semble belle.
Belle comme la chaste aurore,
Comme un coucher de soleil,
Belle comme une hirondelle
Quand elle prend son envol,
Belle comme l'enfant au sein,
Comme l’onde tumultueuse
Comme le chant du monde.

Caspar David Friedrich


Quand elle berce mon âme,
Belle, la vie me semble belle,
Même si parfois, elle est rebelle .
La mélancolie est mon amie,
Entre nous, point de rancœur,
Je lui abandonne mon cœur.
Depuis mon premier souffle,
Je la traîne derrière moi.
Depuis toujours, en réalité,
Elle berce mes jours
Comme une poésie inachevée,
Où j’écris le chant du monde.

Le rêveur - Marie Desaulles


Entendez-le !
Écoutez-le !
Dans la mélodie du merle…
Dans la brise sur les blés murs…
Dans la cacophonie du village
Aux aurores printanières…
Dans le concert lancinant
Des cigales en mal d’amour…
Dans le souffle du vent d’hiver…
Dans la neige qui tombe
En silence sur le jardin..,
Dans la rumeur des villes
Laborieuses et tapageuses…
Dans le fracas des vagues,
Les océans tempétueux,
La tourmente des ouragans,
La terre offensée qui tremble,
Dans les rires et les pleurs des hommes…

Cézanne


Entendez !
Écoutez-le !
Écoutez le chant du monde…

Impression, soleil levant  - Monet 



Christian Baily
Tous droits réservés 
15/02/2021
(Sète)

jeudi 4 février 2021

Chandeleur





du net - IA

Souvenirs, souvenirs…

De ces jours de Chandeleur,

Ils me donnaient le sourire.

Une bulle de bonheur !

 

Je revois ma Grand-mère,

Très tôt le matin, s’affairer.

Dans une jatte de terre,

La pâte à crêpes devait reposer.




Je partais alors en classe,

Rejoignais notre petite bande.

Ma jeunesse dans la besace,

Et la bouche gourmande.



L'école sentait le poêle à bois,

La craie et les vieux papiers?

La morale était notre foi,

Le premier devoir de la journée,




Écrite avec soin sur le cahier,

En pleins et déliés élégants.

La plume, trempée dans l'encrier,

Grattait le papier lentement.



Avec respect et curiosité,

Nous buvions les paroles,

De cette dame en tablier.

Sa vocation, c’était l'école.



Après calcul et français,

Dessin, histoire et géographie,

La chorale couronnait

Nos journées d'apprenti de la vie



Puis telle une nuée d'étourneaux,

Des rues paisibles du village,

Nous partions à l'assaut.

La liberté n'était plus un mirage



Enfin…


Le ventre creusé par nos jeux,

Nous franchissions la porte,

Et là, tout près du feu,

Des douceurs de toutes sortes,

Crêpes fumantes et odorantes,

Confitures et chocolat fondu,

Et la cuisinière ronflante

Attendaient notre venue.

 


Je revois mon Grand-père

Vivre ces instants de liesse,

Oubliant toutes ses galères

Et de son métier, la rudesse.


 


Les yeux brillants d'appétit,

Devant ce festin de païens,

Nous réalisions notre gloutonnerie.

Ne nous sachant pas des saints !



 

Alors,

Nous étions deux gamins

Et regardions avec convoitise

Ce plat qui assouvirait notre faim

Autant que notre gourmandise…

 

Et qui valait

Tout l'or du monde !










Christian Bailly
Photos de famille
Tous droits réservés 
04/02/2021

Mots-clefs : Thèmes, enfance

lundi 1 février 2021

Présages




Quand le vent écrit sur le sable
Le récit de ses voyages et ses présages,
Seul le poète esseulé sur la plage
Sait comprendre ce prophétique langage...


Il dit des hommes les dommages.
Leurs haines, leurs guerres, leurs carnages,
Tout ce qu'ils ne savent pas entendre,
Tout ce qu'ils ne veulent pas comprendre...


Avant de lire sur leurs propres visages
Les mêmes rides, des ans, les ravages,
Les marques indélébiles du temps.


Un jour, le vent emportera au loin leurs âmes.
Le dernier poète écrira la fin du mélodrame,
Sur le sable balayé par les flots vengeurs.


Texte et photos (Sète) Christian Bailly
Tous droits réservés
31/01/2021