| Harmonie douce - Marie Bouchel |
Dans l'harmonie douce du levant,
Trois jeunes frères en goguette
Prennent la poudre d'escampette,
Sur leurs dériveurs nonchalants.
Auréolés des lumières de l'aurore,
Le cœur léger et plein d'espoir,
Ils ne recherchent pas la gloire,
Non, ils veulent voir le jour éclore.
Sur leurs voiles au vent, le jour
Dépose sa mélodie pour inspirer
Leur voyage de marins assurés,
Souffle aux haubans son discours.
L'onde les porte sur ces flots irisés,
Où se mirent leurs reflets,
Tandis qu'Hélios et ses coursiers
Commencent leur traversée.
Comme au temps de leur jeunesse,
Sur l'onde qui les a vus s'affronter,
Ils retrouvent la joie de se défier,
Et de renouveler leurs prouesses.
Déjà tout là-bas, dans le lointain,
Sur le Môle, le phare Saint-Louis
Étire sa silhouette, puis s'évanouit,
Impatient, qu'il est, d'être à demain,
Pour les voir, telle une femme de marin,
Revenir dans le crépuscule d'airain,
La peau tannée par les embruns,
Le corps fourbu, mais l'esprit serein,
Sur l'écume chatoyante
du jour…
Christian Bailly
Tous droits réservés
05/09/2026
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