vendredi 11 octobre 2019

Négritude

Cette poésie à été écrite ou choisie pour illustrée ce tableau de Arièle Louise-Alexandrine, lors de notre exposition  "Plume et Pinceaux" à Yerres du 4 au 12 juin 2016

"Guerrier" - Arièle Louis-Alexandrine


Je suis noir de peau
Et j'en suis fier…
Quand d'autres ont l'âme sombre
Sous chair d'albâtre…
Derrière ma peau d'ébène
Je cache un cœur d'enfant.

Je suis noir de peau
Et j'en suis fier…
Dans mes veines, coule même sang
Couleur pourpre
Aussi sacré, de même lignée
Dans la nuit des temps

Je suis noir de peau
Et je suis fier…
De mes frères
Qui cassaient les pierres
Des chemins d'hier
Où marchent les hommes d'aujourd'hui

Je suis noir de peau
Et je suis fier…
Des fers brisés par mes frères
Ils ont gagné notre liberté
À bout de bras
Le poing levé vers l'espoir…

Je suis noir de peau
Et j'en suis fier…
Gloire à toi Rosa Parks, pour ton courage
Gloire à toi Martin Luther King Jr., pour ton opiniâtreté pacifique
Gloire à toi Nelson Mandela, homme de paix
Gloire à vos compagnons de lutte contre la discrimination

Je suis noir de peau
Et j'en suis fier

Christian Bailly
Tous droits réservés

jeudi 10 octobre 2019

Génocide

Cette poésie à été écrite ou choisie pour illustrée ce tableau de Arièle Louise-Alexandrine, lors de notre exposition  "Plume et Pinceaux" à Yerres du 4 au 12 juin 2016


"Forêt" - Arièle Louise-Alexandrine


Ils ont traversé les âges,

Ils ont traversé nos vies,

Dans l'élan de leur jeunesse,

Ou à l'automne de leur vieillesse,

Dans la dignité, avec sagesse,



Ils tombent sans combattre,

Et meurent sans se débattre,

En silence, sans nous rebattre,



De la grandeur de leurs existences,

De la richesse de leurs expériences,

Ni de leurs morts, l'indécence.



Les années ont fait d'eux,

Des dieux voués au feu,

Ou à l'ingéniosité, au mieux.



Ils ont grandi au sein d'un monde primitif,

Dans leur existentialisme méditatif,

Pour être, par un primate vindicatif,



Sans respect, lacérés, amputés.

Dans l'indifférence, ils vont agoniser,

À même l'humus qui les a engendrés.



Détrônés en toute impunité,

Décapités de la tête au pied,

Proies abandonnées à la cupidité,



Persécutés au-delà des frontières,

Sur l'autel pécuniaire,

Ils sont sacrifiés sans oraison ni prière.



Au crépuscule de l'humanité, il me reste à espérer,

Avant d'entendre le glas du jugement dernier,

De voir l'épilogue de cet holocauste démesuré.



Compagnons de mes longues flâneries,

Je rends les honneurs à votre fratrie,

Je vous demande grâce pour notre félonie.


Christian Bailly
Tous droits réservés
09/11/2009

mardi 8 octobre 2019

Chagrin de rose





Cette poésie à été écrite ou choisie pour illustrée ce tableau de Arièle Louise-Alexandrine, lors de notre exposition "Plume et Pinceaux" à Yerres du 4 au 12 juin 2016




"Effluves" - Arièle Louis-Alexandrine



Chagrin de rose



Caressée par un doux rayon de soleil,

Resplendissante, elle sort du sommeil,

Heureuse de se voir si rayonnante,

En dépit de sa longue nuit palpitante.





Dans sa robe délicate, à peine froissée,

Avec toute sa majestueuse maturité,

Et de son rang, l'éternelle noblesse,

Magnifique et fière d'elle, elle se dresse.






Couronnée d'une auréole de lumière,

Elle me toise avec humeur altière,

Elle se sait, de mon jardin, la plus belle,

La plus enviée, elle se sent des ailes.






À ses exhalaisons capiteuses,

À son élégance audacieuse,

Je me dois de faire tous les honneurs.

Elle attend de moi d'être son protecteur.






Le temps passe, j'accuse mon impuissance.

Les journées passent dans l'indolence,

Altèrent cruellement sa beauté fugace.

Elle sent venir son inévitable disgrâce.






Caressée par un doux rayon de soleil,

Vieillissante, elle sort de son sommeil,

Malheureuse de sa décadence fatale.

Trop de larmes de rosée sur ses pétales.






À tant peser sur sa beauté, ses pleurs

La précipitent vers son funeste malheur.

Pour sa douleur, pas de bons mots,

Vieillesse, mort sont d'inéluctables maux.






Ainsi va la vie, que plus elle nous a gâtés,

Plus nous en avons chagrin de la quitter

Dans les effluves fanés de la mort.









Christian Bailly

Tous droits réservés

25/05/2011 (Repris le 11/02/2026)

lundi 7 octobre 2019

Danser la vie

Cette poésie à été écrite ou choisie pour illustrée ce tableau de Arièle

 Louise-Alexandrine, lors de notre exposition  "Plume et Pinceaux" à

 Yerres du 4 au 12 juin 2016

Shiva - Arièle Louise-Alexandrine



Elle veut…

Voir le soleil entrer dans sa maison,

Faire de l'amour la plus belle moisson,

Danser dans la rue comme une forcenée,

Sous la pluie battante, être embrassée.



Elle veut…

Ses bras vigoureux pour l'emprisonner,

Ses yeux amoureux pour la regarder,

Dans son regard, prédire ses intentions

Pour devenir son objet de satisfaction.



Elle veut…

Être nue dans la rosée cristalline, et avec lui,

Écraser de leurs ébats l'herbe de la prairie,

Gémir plus fort que lui et lui prouver

À quel point, il sait bien la faire délirer.



Elle veut…

L'aimer sous l'orage, défier les éléments,

Sous le firmament, en faire son amant,

Retirer de son ciel de lit, le grand voile

Pour faire pâlir la lune, toutes les étoiles.



Elle veut…

Crier à tue-tête à la fenêtre qu’elle l’aime

Et de son existence lui offrir les rênes,

Avant de s'endormir, se sentir utile,

Le combler, honorer ses instincts virils.



Elle veut…

Elle veut…

Elle veut…n'aimer que lui.

Elle veut…

Elle veut…

Elle ne veut…que lui !

Et avec lui danser la vie…



Christian Bailly

Tous droits réservés



jeudi 3 octobre 2019

L'automne caresse nos regards


L'automne caresse nos regards...

Vue sur la plaine de Joigny,
depuis les vignes de la Côte St Jacques
01/11/2015



La forêt se pare de sa robe chatoyante,

Aux couleurs mordorées et flamboyantes

En attendant son manteau d'hermine

Pour passer l'hiver qui déjà chemine.


Coucher du soleil derrière St Julien du Sault.
Vue depuis la Côte St Jacques
01/11/2015


L'aube se fait tardive et plus brumeuse,

La terre libère ses chimères vaporeuses,

Dans l'attente des promesses printanières.

Chacun s’applique à préparer sa tanière.


Vue sur Joigny,
depuis la Côte St Jacques
01/11/2015


Le jour écourte sa journée de labeur

Et ralentit sa course d'heure en heure.

Feuille à feuille, le sablier décompte le temps,

Et nous prépare à vivre l'hiver patiemment.



Le crépuscule se hâte de tomber

Sur nos épaules frileuses et fatiguées

Par la frénésie de l'été et ses ardeurs.

Chacun remet sa pendule à l'heure.


Soleil couchant sur les fils de la vierge,
dans les vignes de la Côte St Jacques
01/11/2015


L'automne est bien là, à frissonner,

Le couchant réchauffe nos cœurs chagrinés.

Il couvre la campagne de braises et de feux,

En attendant l’avènement des jours frileux.


Coucher du soleil derrière St Julien du Sault.
Vue depuis la Côte St Jacques
01/11/2015


Texte et photos Christian Bailly 

Tous droits réservés

03/10/2019

Revisité le 09/03/2026

J'aurais aimé te dire






J'aurais aimé te dire…
Que je t'aime encore et encore…
Que je rêve de toi, de ton corps,
Que je suis toujours le même
Et ne point te faire de la peine,
Mais ce serait mentir.


Adèle Vergé

J'aurais aimé te dire…
Que ce n'est qu'un mauvais rêve,
Et parapher avec toi une trêve,
Que je ne t'ai jamais aimé d'amour,
Que je ne souffre pas de ce désamour,
Mais ce serais mentir.

Musée d'Orsay


J'aurais aimé te dire…
Que tu n'es qu'un rêve qui s'efface
Sans me laisser en mémoire le meilleur,
Que je ne veux garder aucune trace
De tous nos instants de bonheurs,
Mais ce serais mentir.

Musée Rodin

J'aurais aimé de dire…
Nos destins sont liés  pour l'éternité,
Nos filles sont là pour le démontrer,
Que je voudrais bien être différent,
Mais la vie m'a fait bien autrement,
Et ce ne serait pas mentir. 

Muse d'Orsay


Aujourd'hui, je peux te dire…
Ma souffrance n'a d'égale que la tienne,
Car j'aurais préféré ne jamais être
Ce que je suis et t'éviter cette peine.
Mais j'ai choisi de vivre et d'être
Ce que je suis au risque de ta haine,
Plutôt que de ne plus jamais être
Celui que j'ai pu être par le passé
Plutôt que de fuir la réalité
Pour l'éternité…
Et ce n'est pas mentir.

Musée Rodin

N'envie pas mon bonheur que je vis,
Il ne fait que m'effleurer en fin de vie.
De mon existence, je t'ai donné le meilleur,
Ma jeunesse et avec, toute sa vigueur.

Musée Rodin


Pour celui qui verra ma vieillesse, n'aie point d'envie ;
Il connaîtra de ma destinée le temps compté.
Je ne demande pas le pardon pour ce que j'ai été,
Mais pour ce que je n'ai pas pu être en cette vie.

Musée d'Orsay

Rien ne sert de regarder loin en arrière,
Les souvenirs ne méritent pas les frontières
Des grandes rancœurs, ni celle de l'au-delà,
Car à jamais ils font  partie de notre état.

Musée d'Orsay


 Je sais, tu me voudrais plus mort que vivant,
Et je te comprends, mais à cela, je réponds,
Même si cela peut paraître piètre consolation,
Qu'un mort n'a jamais secouru de vivant.

La vie n'a de barrière que l'au-delà


Cimetière Montparnasse


A Martine, 
L'unique femme de ma vie.

Chritian Bailly
Tous droits réservés
02/08/2011

lundi 30 septembre 2019

Pas de deux




Au pied des roches sans âge,
Où je me suis échoué,
La mer frénétique danse inlassablement
Un pas de deux  avec  le rocher impassible.
Elle s'enroule,
Se déroule langoureusement.
Amoureuse tumultueuse,
Sans cesse, elle revient à l'assaut,
De cet écueil imperturbable,
Ou je trône avec petitesse.
Le temps aura eu raison de moi

Bien avant que ces deux là ne divorcent.
Je ferme les yeux,
Le clapotis rythme mes pensées.
Bientôt, elles s'envolent au vent d'antan…
J'ai l'esprit libre...
Aussi libre que l'air qui réchauffe mes vieux os.
À cet instant précis,
Je pourrais partir,
Sans regrets.




Texte et photos (Sète) Christian Bailly
Tout droits réservés
15/09/2019