lundi 2 octobre 2017

Dernier soupir



La mort qui rôde frôle de son aile malveillante,

Son corps usé par les ans et son âme vacillante.

L'espoir a déserté ses prunelles bleues éteintes,

De l'au-delà, sa face blême porte déjà l'empreinte.


Égalité devant la mort de William Bouguereau


Le souffle court, il attend que sur lui elle se serve,

Sans même se demander ce qu'elle lui réserve.

Autour de lui, la vie s'active au ralenti, on chuchote,

On espère un miracle chimérique, on sanglote.


La mort de Géricault


Dans un dernier éclair, défile sa destinée chaotique.

La vie le quitte sans qu'il ne présente de supplique,

Pas l'ombre d'un regret, pas un voile de remords,

Dans ses yeux vitreux, se reflète déjà la mort.


La mort de Léonard de Vinci  de Ménageot


Ses mains sur le drap ont la pâleur de son linceul,

Une main s'en saisit, lui prouve qu'il n'est pas seul.

Elle est aussi douce que celle d'une fille aimante,

Mais il ne peut répondre à cette preuve rassurante.


Mariage in-extremis à l'article de la mort - Salvator Rosa



Sa vie telle une étoile filante s'enfuit dans la nuit,

Sur son visage, la faucheuse pose un masque de suie,

Son dernier souffle ne pourrait éteindre une bougie.

Pas un mot, pas un murmure, il s'éteint sans un cri.


Lord Byron sur son lit de mort par Odevaere


De longs sanglots brisent le silence, l'instant suspendu,

La vie reprend ses droits autour de celui qui n'est plus.

Dans ce monde en sursis, où nous sommes de passage,

Planent sur chacun de nous, de funestes présages.


Allégorie de la mélancolie de Fabre


Autour du défunt, la famille recueillie, en assemblée,

Compte ses rescapés, passe en revue le temps passé.

Face à cette vérité, pour chacun, c'est l'heure du bilan,

La réalité les frappe, sans aucun ménagement.


Jean-Baptiste Greuze - La piété filiale


À qui le tour ?

On se regarde, on se redresse, on masque sa faiblesse,

On refuse d'être le prochain sur la liste de l'ogresse.

En secret, on implore un peu de temps au temps,

Aussi cruelle que soit la vie, on la vénère, pourtant.


Anna Ancher - Un enterrement 


Christian Bailly
Tous droits réservés
17/12/2012

5 commentaires:

  1. C'est joliment triste ... C'est vrai , la famille se réunit souvent quand il y a un décès , dommage ..

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    1. Oui, Florence, et c'est souvent un peu tard... Il pourrait y avoir tellement d'occasions pour se retrouver et passer un bon moment ensemble... Surtout autour des personnes âgées qui se retrouvent bien souvent isolées
      Merci pour ton passage Florence... Bonne fin d'après-midi

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    2. Ces mots que l'on ne dit pas…
      Mais que l'on pense tout bas…
      Qui résonnent dans nos pensées,
      Mais que l'on n'ose prononcer…
      Qui font chavirer nos cœurs
      Et nous mettent en chaleur…
      Que l'on retient au bout des lèvres
      Et qui nous donne la fièvre…
      .../...
      https://alencredemavie.blogspot.fr/2017/02/ces-mots-que-lon-ne-dit-pas.html

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  2. Waouhhh !!! C'est beau ....mais tellement funèbre !!! avant que de passer de l'autre côté on devrait se dire combien on s'aime et ce chaque jour qui passe !!!! alors je vous aime tous les deux et je vous embrasse !!!

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    1. Tu as raison chère Morgane, combien de fois, on ne les dit pas par pudeur et pourtant, ils font tellement de bien à les entendre... Merci pour ton passage... Moi aussi, je t'aime beaucoup et t'apprécie énormément... Avec mes plus belles amitiés. Bises de nous deux

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