mercredi 13 novembre 2019

Inspirations printanières




Un tapis de violettes sous mes pas,

Le parfum suave du coucou éclos,

Troublé par le vert tendre des feuilles

Et la mousse qui m’offre son coussin,

Je m’affale de tout mon long en douceur.


Résultat de recherche d'images pour "peinture homme en forêt""
"Léon Tolstoï lors d'un repos dans les bois" par
Ilya Efimovich Repin


À la lumière d'un rayon téméraire,

Le printemps s'installe sur ma chair

Réveille mon corps encore engourdi.

Près de moi, le ruisseau murmure,

Les branches encore décharnées

Égratignent le ciel de lit azuré,

Ils me susurrent dans un bruissement

Sensuel, le plaisir simple de vivre.


Résultat de recherche d'images pour "peinture ruisseau en forêt""
Heinrich Böhmer (1852-1930), Ruisseau Forestier.



Sur l'humus de cette terre promise,

Il me semble redécouvrir la nature.

C'est là, au sein de la forêt généreuse,

Que le printemps m’inonde de sa félicité,

Il pleut des pétales pâles d’églantier,

Autour de moi, la nature se déchaîne

Me fait les honneurs de l'Empyrée.


Artwork by Fritz von Uhde, Wooded Landscape, Made of Oil on canvas board
Fritz von Uhde


Un rayon de soleil caresse ma peau.

Un merle chante plus fort et plus haut.

Un tapis de jonquilles égaie le sous-bois.

Dans le ciel, les oies m’interpellent.

Les mots me viennent en bouquets,

Bourgeonnent, puis fleurissent en poésies.



Le peintre Jules Le Coeur
et ses chiens dans la forêt de Fontainebleau
par Auguste Renoir




Christian Bailly
Tous droits réservés
13/11/2019

mardi 12 novembre 2019

Ma campagne

Bords de l'Yonne à Thèmes

L’Écho de mes vertes années

 

Douce campagne de mes vertes années,

Emportée par le vent du temps passé,

Que reste-t-il de mes rêveries d'enfant,

De mes insouciances, de mes élans ?


Bords de l'Yonne à Thèmes

 

Caressé par le souffle chaud de l'été,

Sur tes chemins, j'aimais tant cheminer,

Pour moissonner la liberté de ma jeunesse,

Et dans les blés en herbes, cueillir l'ivresse.


 

Compagne de mes pensées esseulées,

J'interrogeais le futur autant que le passé,

Bercée par le chant lancinant des criquets,

Le nez au vent, j'écoutais la Voie lactée.


Champs de peupliers - Vallée de l'Yonne

 

Paysage idyllique de mes vertes années,

Le temps coulait comme le ruisseau déluré,

Où je me baignais nu comme un nouveau-né,

Et découvrais les jeux ingénus de la puberté.


Bords de l'Yonne à Thèmes

 

Amie indéfectible à qui je pouvais me livrer,

Confidente de mes douloureuses étrangetés,

Sur tes chemins, j'ai déversé mes chagrins,

J'ai tenté de séparer l'ivraie du bon grain.


Bords de l'Yonne à Cèzy

 

Ô fidèle campagne de mes vertes années,

De tous nos secrets, je ne veux rien oublier,

Je les retrouve dans l'air du temps écoulé,

Dans tes jardins généreux où je les ai semés.




Vallée de l'Yonne , au loin Thèmes, le village de mon enfance


Pont suspendu - Bords de l'Yonne à Cézy

Bords de l'Yonne à Cèzy

















Chapelle de St Julien du Sault - Vallée de l'Yonne


Vallée de l'Yonne vue de la Chapelle de St Julien du Sault




Chapelle de St Julien du Sault


Vallée de l'Yonne - Au loin la Chapelle de St Julien du Sault


Texte et photos: Christian Bailly
Tous droits réservés
15/11/2016
revisité le 05/03/2026

vendredi 8 novembre 2019

Si le poète…


Si le poète pouvait changer le monde, avec ses mots,
Pour le sauver du néant, qui l'attend,
Il y passerait ses jours,
Il y passerait ses nuits,
Jusqu'à son dernier soupir...
Mais dénoncer n'est rien, si le poète n'est pas lu.
Mais dénoncer n'est rien, si le poète est lu, mais pas reconnu.
Mais dénoncer n'est rien, si le poète est reconnu, mais pas entendu...

Résultat de recherche d'images pour "peinture poète""
 Œuvre de Paul Cézanne - le rêve du poète

Dans sa mansarde, il griffonne pour pleurer avec les mots,
Ses amours déçus ensevelis,
Dans le jardin de roses évanouies,
Pour oublier au bout de sa plume,
Les maîtresses de ces vingt ans.
Mais pleurer n'est rien, si ses larmes ne sont pas vues.
Mais pleurer n'est rien, si sa peine n'est pas reconnue.
Mais pleurer n'est rien, si son désespoir n'est pas entendu...

Isidore Rosenstock - "Roses"


Sur le papier, il dépose, mots après mots sa vie déchue,
Ses espoirs vivaces d'adolescents,
Ses impatiences d'amant vigoureux,
Ses ébauches d'artiste maudit.
Mais écrire n'est rien, si les mots s'effacent avec le temps qui s'enfuit.
Mais écrire n'est rien, si au vent d'hiver, s'envole  la feuille noircie.
Mais alors, pourquoi écrire, si le temps emporte le poète, et puis l'oublie…

Résultat de recherche d'images pour "peinture poète triste""
Arturo Michelena, Miranda en La Carraca,

Christian Bailly
Tous droits réservés
21/04/2016 

mercredi 6 novembre 2019

Désespérance





Une fois de plus, l'homme dégringole
Dans ma profonde estime,
Mon admiration, chaque jour, s'étiole,
Bientôt, il touchera les abîmes.

Sur le monde entier, il répand sa haine,
Il tisse sa toile chagrine.
À bien faire le malheur, il se déchaîne,
Partout l'horreur, il entérine.

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"Oiseaux de malheur" - X. TIN

De son cœur amer rongé par le mal,
Il déverse tout son fiel.
De son âme, il laisse parler le  bestial,
Sa violence au pluriel.

Dans les rues, il fait couler le sang,
Au nom de son dieu,
Et de l'abjection, il est habile artisan,
Il sait faire de son mieux.

Résultat de recherche d'images pour "peinture MORT DANS LA RUE""
Street art

Il épargne ni la mère, ni ses enfants,
La vie est peu de chose.
Pour donner la mort, il est savant,
Son imagination explose.

Et nous, nous déposons des fleurs
Pour ne pas oublier,
Sur les lieux funèbres de ses horreurs.
Le chagrin nous est familier.

Résultat de recherche d'images pour "peinture fleurs du souvenir""
"Souvenir d'une rose" -  Sylvie Pioli 

J'ai beau attendre de lui le meilleur
Et surtout l'amour,
Je ne vois que chagrin et douleur,
Et l'ombre des vautours…


Résultat de recherche d'images pour "peinture vautours""
Jacques Rouvière : le vautour


Christian Bailly
Tous droits réservés
24/08/2017

mardi 5 novembre 2019

Au jardin de mon enfance

Illustrations. Photos Christian Bailly
Ancien jardin de mes Grands-Parents - Thèmes - Yonne


Au 


Au jardin de mon enfance,

Je n'ai pas retrouvé mon innocence

Labourée par les aléas de la vie

Qui ont façonné l'homme que je suis.



J'ai enseveli mes errances,

Et mesuré mon impuissance

Face au temps immuable qui file,

Combien notre destin est fragile.



Au jardin de mon enfance,

J'ai libéré mes inconvenances,

J'ai fauché les herbes folles

De mes sentiments au vitriol.



J'ai mis en terre mes souffrances,

Alors, vêtu de frêles espérances,

J'ai tourné les pages meurtries.

Le ciel m'offrait une éclaircie.




J'ai tracé sur mon parchemin

Un tout nouveau chemin

Aux couleurs de l'automne,

Dans mon cœur encore il rayonne.



Et j'ai quitté

à jamais

le jardin de mon enfance…






Christian Bailly

Tous droits réservés

03/11/2017

Revisité le 08/03/2026

dimanche 3 novembre 2019

Contemplation automnale


Illustrations: Photos Christian Bailly 
4 Décembre 2016 - 
Campagne à La Neuville aux Joutes  - Ardennes




Contemplation hivernale



Le soleil d'hiver effleure la campagne endormie

De ses rayons frêles et timides, touchés par l'anémie.

Au travers des aulnes ancestraux et échevelés

Il dessine leurs tristes ombres dégingandées,

Au creux des chemins labourés par le temps

Et le passage des bovins aux pas pesants.




Sur le tapis roussi de feuilles abandonnées,

Leurs silhouettes s'allongent dans les prés désertés

Où l'aquilon retrouve sa résidence d'hiver oubliée

Et s'accroche aux branches cagneuses et endeuillées.




Le village blotti dans son manteau hivernal

S'endort paisiblement, dans le silence pastoral

Déchiré par les tronçonneuses à l'ouvrage.

Les cloches séculaires, sourdes à l'hivernage,

Rythment le temps de la campagne environnante,

Des villageois affairés, et de la nature somnolente.

Loin du bourdonnement d'un monde qui s'agite,

Ici, les folies effrénées des cités sont interdites.

C'est avec patience que le printemps ressuscite,

Alors, ses douceurs et ses bienfaits se méritent.




Il me semble, l'espace d'un instant suspendu,

Revivre toute une époque aujourd'hui révolue.

Je retrouve la campagne de mes vertes années.

Je me laisse à rêver à ces moments du passé

Où je galopais, le cœur leger, les bottes crottées,

Comme un enfant sauvage, la goutte au nez,

À travers les prés ou les champs labourés,

Les bois et les ruisseaux qui me voyaient grandir,

Chaque jour, m'enhardir à plus loin les parcourir.

Qu'elle est loin aujourd'hui cette jeunesse,

Insouciante, toute à ses innocentes ivresses.




Au loin,

Aux griffures de l'hiver, le soleil, déjà, succombe

D'une ample robe de sang, il habille sa tombe

Indifférent, le temps ne lui accorde aucun sursis

La ceinture de Vénus enserre l'horizon obscurci.




Ce crépuscule qui sombre semble contempler

Ma vie, alors que je suis à l'automne de ma destinée.



 




à Jean-François de Neck - Ami et Poète



Textes et photos (Campagne autour de La Neuville-aux-Joütes - Ardennes) Christian Bailly
Tous droits réservés
08/12/2016
revisité le 05/03/2026
mot clef : Thèmes - enfance



samedi 2 novembre 2019

Mes mots




Je n'ai pas peur des mots…
Je joue avec…
Avec leur son,
Avec leur âme,


Même si parfois,
Ils violentent vos pensées,
Ils choquent vos esprits,
Ils brisent vos cœurs.

coeur brisé
du net

Même si parfois…
Ils vous bouleversent,
Ils vous émeuvent,
Ils vous dérangent.

Nés de mes révoltes
Ou de mes amours
De mes états d’âmes
Ou de mes délires

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Edvard Munch

Ils sont mes amis intimes,
Souvent amoureux,
Parfois langoureux,
Pas toujours dociles

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William Bouguereau – Le Ravissement de Psyché

 
Ils peuvent être pervers
Même en vers…
Ils peuvent être impudents
Même indécents

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Egon Schiele "L'étreinte (couple d'amoureux ll)"


Ils naissent scabreux
Dans leur furie
Immoraux, et scandaleux
Ou sage comme des images

Les apaiser ? Les dompter ?
Le cadet de mes soucis
Mes mots, ils vivent…
Ils vivent ma vie d’homme !


Christian Bailly
Tous droits réservés
02/11/2019