| Photo Christian Bailly |
Ce modeste village de mon enfance,
Même si je croyais avoir tourné la page,
Alors que j'étais ballotté par mon existence.
Mais pas du tout, en fait, il n'en est rien,
Pratiquement, tout me revient par bribes,
Au bout de ma plume de poète, bel et bien,
Pour que j'en devienne, à présent, le scribe.
Je le dis, la richesse ne courait pas les rues,
Et le peu que nous avions faisait notre joie.
Et puis un jour, la télévision est apparue,
Dans une des grandes maisons de bon aloi.
Y vivaient alors deux veuves de guerre,
La mère, elle, avait perdu son mari militaire
À la Grande Guerre, Ô combien sanguinaire,
Par la suite, sa fille avait connu pareille misère.
Tous deux étaient officiers de carrière.
Ils avaient laissé, à défaut de leur présence,
Une pension qui rendait leur vie moins précaire,
Et qui allait beaucoup changer notre existence.
C'est dans cette maison, doublement endeuillée,
Que nous avons découvert le bon cœur
De ces deux bonnes et vieilles âmes esseulées
Et avec, partager quelques moments de bonheur.
Devant le tout premier petit écran du village,
En noir et blanc (il faudrait patienter pour la
couleur).
C'était une chance réservée aux enfants sages.
Et pour sûr, nous arrivions tous pile à l'heure.
Nos agitations d'enfant apportaient un peu de vie
Dans ce foyer bouleversé par le vent mauvais.
Nos sourires les remerciaient de leur bonhomie.
Nous étions aux anges de profiter de leurs bienfaits.
Ainsi passaient nos jeudis
et dimanches après-midi,
À cette boîte miraculeuse, nous avions les yeux rivés,
L'antenne était à nous et à d'autres enfants ravis.
Rintintin et Zorro devenaient nos héros préférés.
Flipper le dauphin devint notre fidèle copain,
Mais une fois le retour confirmé des beaux jours,
Nous reprenions notre liberté pour courir les chemins
De notre cher village, et ses champêtres alentours...
À Mme Frégis et à Mme Vigreux


Dominique Bonnerot
RépondreSupprimerChristian, merci pour ce partage émouvant. 🐞😚
Merci de faire suivre sur ta page , Dominique. Je te souhaite une bonne journée. À bientôt
SupprimerAmicales pensées